TEST : The Talos Principle

 

Date de Sortie : 11/12/2014 et 13/10/2015

Disponible sur : PC et PS4

The Talos Principle, ce jeu a déjà conquis de nombreux joueurs depuis 2014, mais a aussi touché de nombreux joueurs en 2015 lors de sa sortie sur PS4. Issu de la Croteam, connu pour le FPS le plus déjanté de tous les temps, Serious Sam, l’équipe Croate a changé de registre avec ce nouvel IP. Mais qu’en est-il ? Etant donné que la version PS4 comprend aussi le DLC Road to Gehenna (qui pourrait être un titre à part entière), je vais traiter les deux en même temps avec une couleur de police différente afin d’éviter tout spoil.

Mankind

Développé par Croteam et édité par Devolver Digital, The Talos Principle est un puzzle-game philosophique à la première personne et qui se joue comme un FPS. C’est à la lumière du soleil et par une voix divine que l’on se réveille dans un décor de style gréco-romain avec des murs recouverts de fresques lavées et abimées par le temps. Cette voix se présente sous le nom d’Élohim (de l’Hébreu qui représente le Dieu des écritures de la Sainte Bible) et nous informe que nous sommes son enfant et que l’on est destiné à vivre dans le jardin d’Eden à ses côtés pour l’éternité. Mais il faut mériter cette vie et pour cela, il faudra résoudre des énigmes et gagner suffisamment en maturité et en sagesse pour finalement avoir le profil parfait pour vivre éternellement. Nous découvrons d’abord que nous ne sommes pas humains, mais plutôt un robot sans identité (dont le physique est fortement inspiré du film de 2004 de Alex Proyas: I, robot) et c’est rempli de questions que nous partons en quête de réponses.

L’introduction de Road to Gehenna parait semblable des nuages, à perte de vue, une musique douce et étrangement familière qui accompagne notre voyage céleste. Des lignes de codes, nous rappellent que ce voyage est éphémère et on constate très vite que le programme « Child » et remplacé par une copie d’ « Uriel »… Uriel? Tiens ce nom ne m’est pas inconnu, c’est même un personnage déjà rencontré, alors qui sommes-nous? Nos capteurs photoniques s’ouvrent sur la lumière aveuglante du soleil, si bien que nous levons un bras mécanique, pour nous protéger de cette lumière, pour nous lever péniblement avant d’entendre une voix grondante. C’est Elohim, notre père créateur (voir le premier paragraphe), qui nous avoue avoir fait une terrible erreur (What?? Un Dieu qui fait une erreur?), le monde d’avant n’est plus, perdu dans la Gehenne (sur un plan biblique, la Géhenne est un lac de feu éternel, les enfers quoi! Où les gens jugés impurs y seront jetés et brûleront éternellement), un endroit où des âmes y seraient perdues et donc Elohim compte sur nous pour aller les sauver, car son pouvoir est inutile là-bas.

Voilà le pitch est en place et ce sera à nous de développer l’histoire.

Humanity

Avec Croteam, on avait l’habitude de jeux bien bourrins brainless et bourrés d’humour. Avec The Talos Principle c’est l’extrême opposé. Il se veut être un jeu zen, réfléchi, mais gardant tout de même l’humour cynique caractéristique de cette équipe. The Talos Principle se compose de quatre mondes. Un monde central au sommet d’une montagne rappelant bizarrement le mont Olympe avec une tour touchant le ciel où Elohim nous défend de mettre les pieds, mais libre à vous d’y aller. On y trouve aussi trois bâtiments A,B et C qui sont en fait des temples qui nous ouvrent sept portes vers les trois mondes dont une spéciale. À travers ces portes, notre mission sera de récupérer des « Sigils » (sorte de pièces sorties tout droit de Tetris) qui suivant leurs couleurs changent la difficulté allant du vert jusqu’au rouge. Mais il y a aussi des Sigils spéciaux en forme d’étoile, difficiles à trouver et qui ouvre la fameuse porte spéciale donnant accès à un monde alternatif avec de nouvelles énigmes au nombre de trois pour trois Sigils gris. Ces Sigils récupérés et placés correctement sur un support délimité vous permettent d’avoir accès à un autre temple ou de débloquer de nouvelles technologies utiles pour résoudre de nouvelles énigmes.

On évolue alors, à travers des mondes semi-ouverts avec des décors gréco-romains, parfois médiévaux ou rappelant l’Egypte antique pour résoudre des énigmes et en fin de compte récupérer ces Sigils si précieux. L’ambiance générée par les musiques renforce l’immersion en changeant de style pour être en adéquation avec le monde visité. Si dans un premier temps la résolution est simple, la suite devient vite compliquée, voire décourageante, mais jamais impossible. Ainsi, il vous sera possible à tout moment de voyager, de faire un peu le touriste, histoire de vous vider la tête avant de revenir sur votre problème les idées claires. Il faudra activer vos connexions synaptiques pour bouger des caisses, éviter des mines mobiles ou des sulfateuses, ouvrir des champs de force à l’aide de brouilleurs, activer/désactiver des ventilateurs, faire appel à vos cours d’optique pour acheminer un laser à l’aide de prismes ou s’enregistrer à exécuter certains mouvements pour les utiliser par la suite. Ces zones énigmatiques sont souvent protégées par un champ de force violet vous empêchant de sortir les différents outils à votre disposition. Il arrive que vous puissiez perdre la vie ou annuler la fonction en cours à l’aide de X, et après un petit rewind vous recommencez à la dernière énigme toujours seul…

Dans Road to Gehenna, c’est sous les explications d’Elohim, que l’on se retrouve comme dans le premier opus dans le niveau didacticiel, mais avec quelques changements, du à sa destruction, où bien une remodélisation à la hâte, on ne sait pas trop, mais on reconnait plusieurs endroits où jadis, gisaient des éléments clefs à notre progression. Le portail qui nous téléporte vers les temples est toujours là, mais pas pour la même destination, à ce qu’on pourrait nommer Gehenna. Un îlot principal, 4 ponts vers des îlots secondaires et à part quelques autres îles flottantes, le vide à perte de vue. Le principe d’architecture des levels reste la même que dans le premier chapitre, avec les panneaux indiquant le nombre d’âmes à sauver pour chaque monde, ainsi que des étoiles. Dans ces mondes, nous allons retrouver à rebours l’ambiance des mondes anciens (monde médiéval,  Egypte antique, Rome antique et petit plus pour le 4e monde: le monde médiéval enneigé). Là où le ton change, c’est qu’il n’y a plus d’outils à débloquer pour résoudre les différentes énigmes, mais ils sont disponibles d’office.

Le level design est plus épuré, les mondes plus vastes et totalement non linéaires, on peut très bien commencer par le monde 3, puis aller au 1 et retourner au 3… Aucune importance de sens ni d’ordre, c’est comme bon vous semble. Les énigmes sont vraiment plus coriaces tout en gardant les mécanismes de base, mais avec une logique beaucoup plus étendue, ne pas se limiter aux frontières d’utilisation des objets ou de la zone d’une énigme donnée. Ok, lu comme ça, ça ne veut rien dire, mais sans spoiler, il y a une énigme où sa zone est l’île entière à l’intérieure de laquelle sont les autres énigmes, du coup nous avons une sensation de liberté que l’on n’avait pas vraiment dans The Talos Principle. Certaines énigmes donnent vraiment matière à réflexion, n’hésitant pas à combiner les éléments à notre disposition et nous faire faire des va-et-vient dans la zone donnée. Croteam a pensé de manière intelligente son level design en équilibrant la balance pour que nous ne soyons pas dépaysés du premier chapitre tout en faisant attention à ce que Road to Gehenna ne soit pas répétitif. Et le temps de jeu va s’étendre entre 7 à 10 heures suivant votre aptitude à comprendre la logique de The Talos Principle.

Si vous vous mettez en tête d’aller récupérer toutes les étoiles (notamment afin d’obtenir une nouvelle fin au bout de 15 heures), vous n’êtes pas au bout de vos peines, car certaines sont vraiment compliquées à obtenir. Croteam n’a pas hésité à nous torturer l’esprit, à utiliser les éléments du décor pour percher ces fameuses étoiles. Ce qui nous amène au gameplay, même s’il a été amélioré (repère d’emplacement de saut qui apparaît plus facilement), il n’en reste pas moins assez compliqué lorsque l’on veut sauter d’un point à un autre pour aller découvrir un Easter Egg (qui sont légion encore ici) ou une étoile. Pour le reste, aucun changement, il est très fluide et l’interaction avec les outils marche toujours aussi bien. D’ailleurs il y a toujours ce petit gimmick qui me fait bien marrer quand on arrive parfois à bloquer un « jammer » dans un portail énergétique, un avatar d’un des programmeurs vient le replacer pour vous.

Identity

Certains feront l’analogie avec Portal, moi je dirais que Talos s’en est inspiré pour construire quelque chose de plus grand. Tom Jubert (The Swapper) et Jonas Kyratzes ont construit une réflexion sur la nature de l’existence de manière très intelligente. En effet, lors de notre épopée, on a l’occasion de rencontrer sur des bornes au physique du C64, une entité appelée « Milton Library Assistant » ou MLA qui se dit activée depuis 9999 années et contenant l’intégralité d’internet de 2003 (en s’inspirant de la Milton Public Library à Milton dans le Winsconsin USA. Elle est l’une des sept bibliothèques de Arrowhead Library System qui est le plus grand réseau de bibliothèques publiques dans le Minnesota USA. Ce système favorise la coopération entre les secteurs universitaires, publics, médiathèques scolaires et bibliothèques spéciales. Une énorme source d’informations en somme). Si sa fonction première est de stocker et classer des documents, celui-ci dialogue épisodiquement avec vous en vous questionnant sur la nature de l’identité humaine et la valeur de la conscience et du comportement moral.

Ainsi une joute verbale commencera, vos réponses et décisions joueront sur vos propres questions et l’avenir de votre devenir dans ces mondes. À travers les différents documents que vous pourrez lire dans les terminaux C64, vous prendrez connaissance des différentes mythologies qui illustrent les décors des mondes dans lesquels vous vous situez, mais aussi des bribes de conversations ou des mails entre divers scientifiques qui œuvrent pour un obscur projet. Vous connaîtrez ainsi, leurs joies et leurs peurs de l’avenir de ce projet et ce qu’il peut impliquer pour le futur. Tout mit ensemble, et si l’on prend le temps de s’y attarder, on découvre une telle richesse dans le scénario, qui est le fer de lance de The Talos Principle. Si vous êtes de nature curieuse, vous pourrez découvrir une multitude de clins d’oeil à certains jeux dont le fameux titre de Valve, mais aussi Serious Sam dont ceux-ci sont légion.

Dans Road to Gehenna, étant donné que nous avons eu une réponse aux questions posées dans le premier opus, la réflexion nous pousse sur l’étude de la communauté et la famille, l’importance de l’entourage, l’entraide, l’importance d’une famille, des amis et notre priorité par rapport à  nos décisions et l’importance de nos choix par rapport à nos proches avec toujours cette dimension biblique (Interaction parabolique Berger/Brebis bien connu dans la Bible). Ainsi, il n’est plus question de discuter avec « Milton Library Assistant », mais nous participerons à des forums peuplés de robot comme nous, incarnant chacun ce que l’on peut rencontrer sur nos différents réseaux sociaux. La musique reprend les grands thèmes de Talos avec quelques nuances et nouvelles sonorités toujours dans le but d’avoir un renouveau sans dépaysement. Graphiquement, rien de bien changé, Road to Gehenna comme son prédécesseur est toujours aussi beau, avec des textures réalistes qui donne toujours cette dimension d’évasion.

En Conclusion

L’équipe croate de Croteam a créé un véritable bijou, totalement différent de ce qu’ils ont l’habitude de faire, qui est une incroyable découverte de 2014 et fera parler de lui. Un titre avec une grande richesse d’esprit et de réflexion sur le plan philosophique et métaphysique, mais qui chamboulera vos synapses et mettra vos neurones à rude épreuve. Cette version PS4 n’a pas à rougir de son grand frère PC car même si l’on rencontre quelques chutes de framerate et parfois quelques clippings, la PS4 fait bien son job en gardant une résolution de 1080p en 60fps. Pour tout fan des titres de Valve comme Portal, je vous conseille vivement de jouer à ce bijou !

 

Test réalisé sur la version PS4 par DAGETA

Shainiiigaming
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