Soul Calibur VI

Editeur BANDAI NAMCO (2018)

Dispo PC PS4 XBOX – Testé sur PS4 Pro

Dans les années 90, les jeux de baston sur console (et sur PSOne particulièrement), c’est pas vraiment la panacée… On avait quoi ? Mortal Kombat, qui était définitivement mieux en borne d’arcade. Les Street Fighter 2 turbo truc machin, et vas-y que je rajoute des mots derrière le titre pour faire croire que c’est nouveau mais au final c’est toujours le même jeu… en 2D ! Virtua Fighter : Oui, c’était en 3D ! Mais faire combattre des morceaux de briques maintenus ensemble et pas terriblement animés… Bof Quoi ! Pour ceux qui n’auraient pas eu la « chance » de connaitre ça, c’est un peu comme si, à l’heure actuelle, on vous créait un jeu de combat avec des personnages de MineCraft. Il y avait aussi Tekken. Mais, n’en déplaise aux fans de la franchise, ce jeu m’a toujours donné l’impression de combattre avec des semi-remorques sous prozac. Et puis, au milieu de tout ça, il y avait SoulBlade ! Un OVNI du jeu de baffes virtuel à grand coup d’épées, de bâtons, de nunchakus et de tout ce qui peut servir d’arme blanche en tout genre. (Non ! Pas le slip de ta grand-mère !). Et sur ce titre, à l’époque, je peux vous assurer qu’on en a passé des heures à se maraver la tronche en famille ! C’était fun, c’était original, c’était dynamique, c’était graphiquement beau ! Alors, vous allez me dire : « Mais pourquoi tu nous racontes tout ça, Jaric ? » (Si Si ! Vous allez le dire !). Et bien tout simplement car SoulBlade est LE véritable ancêtre du titre qui nous intéresse aujourd’hui, à savoir Soul Calibur VI. Le changement de nom s’étant opéré lors de la parution, en 1998, de Soul Calibur (premier du nom) sur la DreamCast. A l’époque, SoulBlade possédait déjà les personnages principaux que l’on retrouve toujours aujourd’hui dans SC VI, à savoir Mitsurugi, Taki, Sophitia, Siegfried et les autres…

Ayant zappé toutes les autres versions, c’est avec une joie intense et une petite dose de nostalgie que je me lance, ci-après, dans le décorticage de Soul Calibur VI, plus de vingt ans après avoir joué avec son digne aïeul… Donc, comme dirait Mère Teresa : « Yalah ! »…

Il était une fois, au 16eme Siècle…

Heu, franchement, ça vous intéresse l’histoire d’un jeu de baston ? Personnellement : non. Ce qu’on demande à ce genre de jeu, c’est de se défouler à grand coup de baffes dans la gu… ! Mais bon, pour situer le background, on vous explique dans une jolie cinématique qu’une épée maudite prit possession d’un pirate nommé Cervantes, que cette possession l’avait rendu un peu foufou dans sa tête et qu’il avait tout ravagé sur son passage, que finalement, il avait été vaincu et que l’épée fut séparée en deux parties. Par après, l’une des deux parties avait pris possession d’un guerrier nommé Siegfried (comme la ligne) mais ce dernier fut aussi vaincu et l’épée fut détruite. Du moins, la partie qu’il détenait… Et comme vous êtes tous très fort en math, 2-1=1. Il reste donc une partie de l’arme malfaisante qui se balade quelque part en attendant une nouvelle victime. Bla Bla Bla…. Voilà, on a planté le décor. Bon, on joue maintenant ?

Passé la cinématique, nous voici sur l’écran de choix du mode de jeu. La Chronique de l’Ame, La Balance de l’Ame (je reviendrai sur ceux là un peu après), Le Duel, le On Line… Bon, il est ou le menu « arcade » simple… Moi fou ! Moi vouloir me battre contre des gros méchants ! Ha, Il est dans le menu « duel » en fait. Là où l’on retrouve également le mode « Versus » et « Entrainement » (là aussi j’y reviendrai). Go Go Gooooo !…

Visuellement, ça devrait être époustouflant ! Sauf que…

Pour ne pas me dépayser, je choisis Mitsurugi, un personnage, parmi les 22 disponibles, que je ne maîtrisais pas trop mal deux décennies auparavant. C’est parti !…
Heuuu ?…

Moi – « Jean Keviiiiiiiiin !!!! »
JK – « Ouiiiiiiiiii ? »
Moi – « Lâche YouPorn et tes mouchoirs en papier et ramènes ta tronche ici ! »
JK – « Keske jé fé enkor ? »
Moi – « T’as encore bidouillé aux paramètres de la télé toi ! »
JK – « Mais non ! J’te jure que j’ai rien f… »
SBLAAAARF ! (Coup d’boule à Jean-Kevin)
Moi – « Heu ?… Ah ben non, t’as rien fait on dirait… »
JK – « Ben pourquoi tu m’as frappé alors ?… »
Moi – « Parce que… Allez dégage ! »

 

Bon, même si Jean Kevin n’y était pour rien et même si ça me fait un peu mal de le dire, les décors et les arènes ne sont pas franchement magnifiques. Les graphismes sont dépassés, les textures pas très détaillées. Si j’étais vraiment médisant, je pousserais le bouchon jusqu’à dire qu’on se croirait sur une PS3 en fin de vie. (Mais je ne suis pas si méchant que ça, donc, je ne le dirai pas… Oups, trop tard !). Pour tout vous dire, je sors à peine de « God Of War » qui, même si les deux titres n’ont absolument rien à voir, est une véritable claque graphique où l’on peut rester plusieurs minutes sur certaines scènes tellement c’est beau et rempli de détails plus précis les uns que les autres… Vous comprenez peut-être mieux mon désarroi devant la relative pauvreté des scènes de SC VI… La PS4 peut offrir de bien plus jolies choses, à fortiori en 2018 ! Pour ce qui est des personnages, c’est beaucoup mieux ! Même si certains n’ont pas changé depuis la première édition, leurs animations sont détaillées au possible, leurs mouvements sont fluides et (très) rapides. C’est beau ! Les traits de lumière colorée laissés par les armes sont toujours présents, peut-être trop d’ailleurs. Il y en a tellement que ça devient parfois un peu fouillis à l’écran. Mais bon, là, je tatillonne un peu.

Destruction des boutons de la manette : En cours…

Pour ce qui est de la prise en main, les habitués ne seront pas pris au dépourvu. C’est toujours aussi intuitif et on (ré)apprend rapidement à enchaîner les coups avec un plaisir défoulant au possible. Soul Calibur est rapide ! Vraiment rapide ! Et on ne va pas s’en plaindre. Si, dans un premier temps, un néophyte pourrait sans doute s’en sortir en martelant frénétiquement tous les boutons de la manette (je sais que vous avez tous un pote, une petite cousine ou un(e) petit(e) ami(e) qui adore faire ça sur ce genre de jeu), on se rendra vite compte que pour gagner, il va falloir être réactif et synchronisé pour lancer les bonnes attaques au bon moment. A cela, au niveau du gameplay, deux nouveautés apparaissent dans cet opus. Le Reversal Edge est une sorte de « contre » qu’il faut lancer au bon moment pour bloquer l’adversaire et activer un ralenti durant lequel vous devez choisir une attaque. Là où ça devient cocasse c’est que celle-ci fonctionne un peu sur le modèle du « Shi-Fu-Mi ». En gros, vous pouvez perdre votre contre-attaque ! Et vous faire défoncer encore plus rapidement que si vous n’aviez pas bloqué la première offensive car, bien entendu, les dégâts engendrés par le Reversal Edge sont beaucoup plus destructeurs. L’autre nouveauté est l’apparition des coups fatals.

Ceux-ci se déclenchent dans certaines conditions, différentes pour chaque personnage, et vous permettent de lancer une attaque dévastatrice si elle est placée au bon moment. Autant vous dire que maîtriser ce genre de coup pour chaque personnage va vous demander du temps de jeu. Je l’ai déjà mentionné mais je le redis une fois de plus : SC est rapide ! Les combats sont dynamiques et vous demanderont de bons réflexes et un timing impeccable si vous désirez devenir un roxxor imbattable en toutes situations. C’est cool !

De la bastonnade, de la création et des histoires en mode Manga

Revenons sur les deux modes de jeu dont je vous ai parlé plus haut, à savoir la Chronique et la Balance de l’Ame. Derrière ces mots se cache en fait une autre façon de jouer à SC. La Balance de l’âme va vous permettre de créer votre propre personnage et de l’envoyer dans différentes missions disséminées dans le monde. Puisqu’on aborde le sujet, parlons tout d’abord du mode « création de personnage ». Et pour le coup, autant vous dire que NAMCO a fait fort ! Façonner un avatar en partant de rien vous prendra, certes, beaucoup de temps mais vous permettra au final d’avoir vraiment le personnage dont vous rêvez, depuis le gameplay jusqu’à son apparence. C’est bluffant tout ce que l’on peut réaliser avec l’outil de Soul Calibur. D’ailleurs, depuis sa sortie, les joueurs s’en sont déjà donné à cœur joie et je vous propose d’aller faire un petit tour sur l’Internet pour admirer les réalisations… Qui sont parfois à pleurer de rire ! (coucou Pikachu et Asterix !)
Une fois le personnage ultime créé, vous pourrez, comme je l’ai déjà dit, l’envoyer dans différentes missions à travers le monde mais aussi gérer d’autres « mercenaires » et explorer les territoires à la recherche d’armes et d’argent pour devenir toujours plus puissant. Autant vous dire que ce mode est très long et, point positif, ne rallonge pas « artificiellement » la durée de vie du jeu car il n’est que peu répétitif et, osons le dire, vraiment passionnant.
Passons maintenant à la Chronique de l’Ame qui vous permet d’incarner les différents personnages du jeu, d’en apprendre plus sur leur passé et le rapport qu’ils ont avec l’histoire de cette satanée épée maudite. Moins divertissant que la Balance, la Chronique peut cependant être sympathique pour les fans de la série qui aiment en connaitre plus sur le background des protagonistes de Soul Calibur.

Maintenant, il faut quand même que j’aborde un sujet qui va peut-être diviser les avis mais, Nondidjuuu, on est quand même en 2018 ! Alors bon, que l’on passe, de temps à autre, de jolies images avec une légende incrustée pour situer un contexte, ça passe… Mais que TOUTES les histoires soient racontées dans ce mode, c’est clairement saoulant ! Les images de synthèse, ça existe depuis plus de vingt ans ! Alors, pourquoi, POURQUOI doit-on se taper des dizaines et des dizaines de dialogues en sous-titres sur des images presque fixes ? C’est assez simple, après cinq minutes de Chronique de l’Ame, j’ai commencé à pilonner la touche carré de ma manette sans plus rien lire. Le comble, c’est qu’il y a même des combats qui sont « simulés »… Dans un jeu de BASTON ! « T’as un jeu de combat, tu fais même pas les combats ! Non mais, Allo quoi ? » comme dirait une célèbre philosophe. Je m’égare. Pour remettre un peu d’huile sur le feu, prenons l’exemple de Mortal Kombat X, sorti en 2015, et son mode histoire qui, même s’il pouvait se plier en une dizaine d’heures, était totalement animé et relativement bien réalisé. Soyons clair : Si j’allume ma console, c’est pour jouer et, par moment, regarder de zoulies cinématiques comme on peut les faire actuellement. Si je veux lire, je prends un livre, une BD ou plutôt un Manga dans ce cas ci… Mais me taper des dizaines de minutes de lecture sur un écran, très peu pour moi… C’est dommage. D’ailleurs, tant qu’à enfoncer le clou, c’est un peu la même chose pour le mode « entrainement » qui se résume finalement à… La liste des coups disponibles et une explication sous forme de « livre » (Et oui, encore de la lecture…). A l’heure actuelle, un mode légèrement plus interactif aurait été bienvenu (comme dans MK par exemple…).

Conclusage

Au bout du compte, je suis partagé sur mon avis définitif à propos de Soul Calibur VI. Partagé entre la joie de (re)jouer à un jeu de baston fun, dynamique, au gameplay réglé aux petits oignons et l’impression que l’équipe responsable des graphismes s’en est un chouia tamponné le haricot de tout ce qui entoure les personnages et leurs animations. Cependant, si on met de côté ce bémol (et accessoirement le fait qu’on en attrape vite marre de « lire » une histoire sur un écran… Grrrrr !) et s’il est vrai que le titre ne restera pas dans les annales comme le jeu de combat ultime à posséder absolument, il n’en reste pas moins un très très bon défouloir. Et finalement, c’est ce qu’on demande à ce genre de jeu : Pouvoir se mettre joyeusement sur la cafetière virtuelle, que ce soit contre une IA, en local ou OnLine. Et donc, dans cette optique, SC rempli son cahier de charges, et de très bonne manière d’ailleurs ! Au final, je lui laisserai la note de…

Des bisous !

Jaric