TEST : Ni No Kuni : L’avènement d’un nouveau royaume

Date de Sortie : 23/03/2018

Disponible sur : Playstation 4 / Playstation 4 PRO / PC (Steam)

Le premier Ni No Kuni pouvait facilement être comparé à l’équivalent d’avoir sous nos yeux un petit miracle, comme on en voit pas souvent arriver. Il faut avouer que voir se matérialiser en jeu vidéo une œuvre des studios Ghibli avait de quoi faire saliver le commun des mortels que nous sommes, surtout quand on savait d’avance que c’était Level-5 (Dragon Quest VIII, Dark Chronicles, Dark Cloud, Rogue Galaxy) qui était en charge de toute la partie « vidéo ludique ». Il était tout simplement impossible de rester insensible à cette œuvre et j’avoue avoir été retourné par ce RPG à l’esthétique fabuleuse. Il restait malgré tout un jeu très classique dans le fond, possédant quelques lacunes problématiques, comme son système de combat. Maintenant on est en 2018 et Level-5 retente le coup avec un deuxième opus que l’on attendait pas vraiment, mais qu’on est vraiment très heureux de voir débarquer. Des changements au programme ? Oui, car apparemment Ni No Kuni c’est un peu comme la politique, ça s’adapte au fil du temps… Exit la collaboration totale avec les studios Ghibli et bonjour l’entente avec un ancien du studio d’animation japonais renommé, qui se donne tous les moyens pour rivaliser avec la première œuvre sur le plan esthétique. Dans un autre registre on peut également dire adieu au système de combat, qui avait les (on va rester poli, c’est mon premier test tout de même !) fesses entre les deux chaises. C’est tout me direz-vous ? Bah aussi peu probable que cela puisse paraître, il y a une nouvelle histoire, des nouveaux personnages, des nouveaux mécanismes et tout ça, mais on garde le tout pour le test, car sinon vous n’aurez plus grand chose à lire et je me ferais taper sur les doigts par la patronne ! =D

  

Un songe coloré et qui sonne juste.

Ni No Kuni 2 : L’avènement d’un nouveau Royaume est un peu comme un très gros bonbon de couleur arc-en-ciel exposé sur une jolie vitrine éclairée de milles feux, qui ferait saliver n’importe quel enfant. Pour ceux qui n’auraient jamais été des enfants (on ne sait jamais) on peut dire simplement que l’on a juste envie, presque à chaque instant, de croquer ce deuxième Ni No Kuni avec les yeux. Ce n’est pas tant que le jeu propose une technique à couper le souffle à l’instar d’un Uncharted 4 ou du futur God Of War, mais il s’agit plutôt d’une histoire de direction artistique, qui enfile des tartes à tout le monde. Il n’est simplement pas possible de rester de marbre face à l’esthétique quasiment irréprochable de ce titre de Level-5. Il suffit de déambuler dans chaque ville du jeu pour s’apercevoir que chacune possède une identité visuelle très forte et qu’elles ont certainement demandé un travail de recherche approfondi pour arriver à un tel résultat. Malheureusement contrairement au premier jeu, il existe ici quelques fausses notes au niveau de l’esthétisme, comme certains donjons annexes, qui manquent de travail, ou bien encore la carte du monde moins jolie que celle du premier opus, ce qui est quand même un peu un comble. On peut un peu comprendre le changement de cap pour ce dernier point, car la carte du monde devient nécessaire pour un mode de jeu, mais cela ne justifie en rien son manque de recherche artistique pour qu’elle puisse être un peu plus agréable à regarder. On ne va quand même pas trop jeter la pierre à Level-5, car mine de rien, retrouver une fois de plus une carte du monde oldschool, qui regorge de petits secrets est quelque chose de vraiment appréciable à notre époque, ou ce genre d’éléments est bien plus porté disparu dans les marécages qu’autre chose. Les possesseurs de PS4 et de PS4 PRO sont presque logés à la même enseigne et le titre tourne parfaitement bien sur les deux machines et ce sans jamais subir des ralentissements désagréables. Les deux machines affichent, sur une télévision Full-HD, du soixante images par seconde et le jeu reste joli dans les deux cas. Ceux qui ont la chance de posséder la version « + » de la console de Sony peuvent également choisir un framerate variable afin d’obtenir une véritable image 4K HDR sur un téléviseur adapté. On a aussi noté une meilleure gestion des ombres et une occlusion ambiante de meilleure qualité sur la PS4 PRO. Impossible de vous dire à quoi ressemble techniquement la version PC du titre, car nous n’y avons malheureusement pas eu accès, mais gageons que le travail a été bien fait pour ceux qui possèdent un équipement dernier cri.

 

En plus d’être quasiment irréprochable sur la partie technique, le jeu frappe avec délicatesse nos oreilles. Frapper et délicatesse ne sont pas deux mots qui vont, de manière générale, de paire mais il suffit d’entendre certaines envolées symphoniques de l’orchestre philharmonique de Tokyo, sous la direction de l’illustre Monsieur Joe Hisaishi, pour être convaincus qu’il est possible de les associer sans soucis. On est heureux de voir rempiler le célèbre compositeur pour ce deuxième opus et la seule chose que l’on pourra reprocher à Level-5 est de ne pas avoir commandé quelques thèmes supplémentaires pour éviter d’en faire tourner un peu trop certains. Mention spéciale au thème de combat, qui en jette vraiment comparé à celui du premier opus ! Au niveau du son on est également très satisfait de voir le doublage japonais inclus d’office dans le jeu et c’est un plaisir de voir un tel engagement de la part des acteurs pour retranscrire de la meilleure des façons les personnages qu’ils incarnent. Le doublage anglais quant à lui est bon, mais sans être dithyrambique, on a déjà vu mieux dans les RPG japonais, comme Final Fantasy X/XII ou encore Rogue Galaxy / Dark Chronicles du même studio en charge du titre dont on vous parle ici.

Gouverner c’est bien, mais c’est facile ?

Le système de combat du premier Ni No Kuni était une espèce d’hybride entre le tour par tour et un jeu d’action. On passait surtout la plupart de son temps à gérer des ordres que l’on donnait à des petits monstres que l’on avait au préalable capturés. Sur le papier le système semblait intéressant, mais le fait d’être ni un véritable tour par tour, ni un véritable jeu d’action, avait tendance à rendre les joutes un peu molles du genou. Ici ce n’est plus du tout le cas. On dirige surtout un seul personnage que l’on choisit dans l’équipe et on part dans des batailles à la façon Tales Of, ou bien encore Star Ocean. Un système résolument plus action, qui renie encore un peu plus les origines de la toute première version de Ni No Kuni, sortie sur Nintendo DS et qui était un vrai tour par tour à l’ancienne. Pourquoi ne pas avoir une version Switch de ce Ni No Kuni 2 dans un tour par tour traditionnel messieurs de chez Level-5 ? De mon côté j’aimerais bien en tout cas. Le premier combat arrivé, on remarque d’entrée de jeu que le titre sera bien plus dynamique que son aîné et que cela lui colle plutôt bien à la peau et ce grâce à la grande qualité des animations des personnages sur le terrain. Le titre mixe avec brio ce qui marche chez les concurrents et on obtient donc des attaques lourdes et lentes, moyennes un peu plus rapides et vous devinerez sans doute la suite, ou pas. On a bien entendu tout un tas de compétences et d’armes différentes pour le plus grand bonheur des amateurs du genre et on est sur un système de changements d’armes à la volée pour effectuer le plus possible de dégâts sur un ennemi bien précis. Un personnage peut équiper jusqu’à trois armes différentes et il est possible d’alterner en combat entre les trois armes pour être le plus efficace possible selon la situation. L’ensemble fonctionne plutôt bien et il existe même trois modes (manuel, semi-automatique, automatique) pour s’adapter le plus possible aux différents types de joueurs. Les moins habitués à ce genre de jeux et qui n’ont pas l’habitude de changer d’armes à la volée dans un jeu vidéo opteront pour l’automatique et les autres pour le mode manuel ou le semi-automatique. En plus des trois armes, les protagonistes disposent d’une arme ou d’un sort de longue portée et qui utilise des points de magie pour éviter qu’ils soient totalement craqués. Cela rappellera sans doute Rogue Galaxy à un grand nombre de fans du studio Level-5.Les héros sont accompagnés par des « mousses », qui ne sont autres que des petites créatures présentes pour nous aider au combat en créant, par exemple, des aires de soin ou encore des attaques de zone. Ce dernier point permet au jeu de conserver un petit brin de l’ADN du premier opus, qui était très focalisé sur l’élevage de monstres. Les amateurs du genre pointeront néanmoins du doigt une trop grande facilité lors des affrontements du cheminement principal, mais ils pourront quand même combler la faim en se lançant dans les combats du Post-Game, qui peuvent pour certains être particulièrement épicés. On apprécie vraiment que Level-5 évite avec une certaine justesse de se briser les os avec son système de combat, car il faut avouer qu’en annonçant que la plupart des combats se dérouleraient sans transition entre les phases d’exploration et de combat, les experts sentaient déjà venir une petite catastrophe à la Tales Of Zestiria, mais heureusement il n’en est rien. La caméra vise toujours juste en combat et c’est tant mieux ! Les soucis présents dans Zestiria ne le sont pas dans ce jeu, car les développeurs ont eu la bonne idée de faire de grandes arènes, qui évitent d’office le problème rencontré sur le Tales Of que nous vous avons cité.

 

  

Ni No Kuni 2 : L’avènement d’un nouveau Royaume ce n’est pourtant pas que du RPG classique et on a d’autres systèmes, qui viennent s’imbriquer directement à la progression pour former un tout cohérent. En plus de gérer sa quête, il faut constituer un nouveau royaume et pour cela il faut bosser deux fois plus ! Tout un système de création d’un royaume a été mis à disposition du joueur et il faudra grosso modo effectuer des quêtes dans le jeu pour avoir des ressources pour bâtir petit à petit son propre chez-soi. Il faut dire que le héros, Evan, est un Roi déchu qui souhaite plus que tout bâtir un monde idéal et qu’il va faire ce qu’il faut pour que cela arrive. Petit à petit on le construit grâce à diverses options et le voir progresser a quelque chose de grisant. Cela rappelle les nombreuses heures passées à bâtir un village dans Dark Cloud ou Dark Chronicles du même studio de développement. On est ici sur une formule très travaillée et construire son propre patelin donne des bénéfices, comme la possibilité d’accéder à une forge de première qualité pour obtenir des armes badass. Faire avancer son chantier débloque également, comme vous pouvez l’imaginer, de nouvelles petites scènes, donne lieu à de nouveaux dialogues et débloque des quêtes annexes. Dommage que la plupart des quêtes secondaires sonnent un peu creux, car elles ne racontent jamais quelque chose de vraiment intéressant, comme peut le faire un « The Witcher 3 », mais on finit par s’en contenter pour voir notre royaume devenir plus prospère. Un autre système de jeu vient s’intégrer directement dans la construction, il s’agit d’un petit mode à la jouabilité de type « STR », mais on est ici face à une version assez pauvre de ce style de jeu. Le tout fonctionne, mais n’est pas assez profond et n’évolue pas suffisamment pour être tout à fait indispensable aux yeux du joueur. On y joue pour progresser dans l’histoire et de temps à autre pour se changer les idées, mais on peut rapidement l’oublier pour se concentrer sur le reste du jeu et heureusement que cela est possible, surtout pour ceux qui n’aimeraient pas du tout ce type de jeu. Pour ce qui est des menus, qui sont très importants dans ce genre de jeu, sachez que tout est parfaitement ergonomique et qu’un grand travail de fond a été fait pour que l’ensemble fonctionne correctement. On dénote quelques étrangetés, comme l’impossibilité de voir la comparaison des stats d’un équipement avant de le forger, mais c’est à peu près tout ce qu’il y faut signaler de ce côté. Pour ce qui est du reste, Ni No Kuni sent bon le RPG classique bien oldschool et se permet de nous intégrer des petites choses sympathiques directement dans l’histoire, comme des petites phases d’infiltration et autres puzzles, ainsi que d’autres features, qui font que le jeu propose toujours un petit quelque chose de différent au fil de la progression. Un bon point !

La couronne du roi elle ressemble à quoi et elle est ou ?

Parler de l’histoire, surtout de celle d’un J-RPG, n’est pas vraiment quelque chose qui me tient particulièrement à cœur, car je préfère sincèrement que le joueur puisse découvrir le tout par lui même, pour qu’il puisse profiter pleinement de son aventure. Bah oui, en tant que fan du genre je suis un peu un anti-spoil man (imaginez ma tête quand un être ignoble a crié haut et fort qui était le véritable méchant d’Heavy Rain à côté de moi…), mais nous sommes dans un test, donc je suis obligé de vous en dire un minimum les amis. Evan le héros de cette histoire est un jeune Roi qui vient tout juste de perdre son royaume et il sera aidé par divers protagonistes, dont un homme qui vient de « notre monde réel ». L’univers du premier Ni No Kuni était intimement lié à notre propre univers et celui-ci fait donc de même, mais les règles semblent avoir un peu changé au passage. Le déroulement de l’histoire reste relativement classique, mais nous mettre dans la peau d’un Roi déchu, qui doit reconstruire de zéro et de ses propres mains, un nouveau royaume est quelque chose d’assez inédit. Cette histoire reste classique dans le fond, mais on a quand même le droit à certains rebondissements bien fichus et c’est surtout de la façon dont elle est racontée qui donne envie de vivre cette histoire. L’ensemble fonctionne plus que correctement et les personnages principaux ont tous bénéficié d’une écriture soignée. Bref, on aime ! Les fans de la première heure qui ont été jusqu’au bout du premier Ni No Kuni découvriront quelques clins d’œils au premier jeu bien intégrés à l’histoire de ce deuxième opus. Ce dernier point est toujours bien amené et ce titre ne demande donc aucunement d’avoir joué au premier pour pouvoir en profiter pleinement.

Un petit mot sur la traduction française qui a été faite d’une main de Maître et qui n’hésite pas à jouer avec les mots de la langue française avec un certain brio. Quand le travail est bien fait et quand on a la chance d’avoir une traduction en français d’un si gros RPG, on doit absolument le souligner avec un grand S ! Bravo à l’équipe de traduction en tout cas.

Pour ce qui est de la durée de vie vous en aurez pour votre argent, surtout si vous êtes un complétiste. Pour ceux qui ne se contentent que de l’histoire principale vous en aurez au bas mot pour une quarantaine d’heures de jeu, ce qui n’est pas si mal. Il ne s’agit donc pas du plus long des RPG surtout comparé à un Dragon Quest VII, mais le rythme est bon et on ne s’ennuie jamais vraiment, sauf si on a tendance à s’ennuyer devant un jeu trop facile. Les amateurs de défis se tourneront vers le post game pour aller chatouiller les moustaches des Boss secrets, qui nécessitent un excellent niveau en plus d’être bien équipé, pour pouvoir espérer survivre.

  

En Conclusion

C’est une bonne grosse note que se prend Ni No Kuni 2 : L’avènement d’un nouveau Royaume et même si certains diront qu’il mérite plus un 17, ou bien encore un 16, il faut se rappeler que dans le contexte vidéo ludique qui est le notre, il est assez rare de voir un RPG japonais aussi ambitieux, rien que techniquement parlant. Cette note est là pour encourager les développeurs de Level-5 à continuer dans cette direction et pour souligner qu’il est toujours possible en 2018 de faire un jeu de cette trempe dans un genre qui mérite encore aujourd’hui toute notre attention. Bien entendu le jeu n’est pas parfait et possède quelques problèmes qui auraient été assez facilement évitables, mais il n’en reste pas moins qu’on s’amuse sur ce Ni No Kuni et qu’on y joue du début à la fin sans vraiment voir défiler les heures et c’est bien cela le plus important. Au passage, Messieurs de chez Square-Enix vous ne voulez pas en prendre un peu de la graine pour votre prochain Final Fantasy, histoire de nous le rendre totalement terminé du premier coup ? Et Bandai Namco vous devriez emprunter le moteur de jeu de vos amis de chez Level-5 pour votre prochain Tales Of.



Test réalisé sur la version PS4 et PS4 PRO par Blue Arrow

Shainiiigaming
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