Dans le style RPG, deux grandes catégories prédominent :

  • Le RPG au tour par tour, qui laisse le temps de réfléchir à chaque action mais qui peut rebuter certains de part un manque de dynamisme.
  • Le RPG en temps réel qui va reposer sur les réflexes et instinct du joueur, en l’obligeant à effectuer ses actions sur le vif, qui du coup va refroidir les joueurs de nature patiente.

Bref, les deux écoles ont l’air incompatibles puisque reposant sur des mécaniques opposées. Et si on essayait ? C’est ce que les gars de 505 Games et Lab Zero Games se sont dit en nous proposant le jeu dont on va parler dans cet article. Vous avez lu le titre, c’est donc parti pour Indivisible, disponible sur Pc, PS4, Xbox One et Nintendo Switch depuis octobre 2019. Parce que oui, il m’arrive de jouer à des jeux récents de licences récentes. Pas souvent, mais ça m’arrive.

 

 

Un style de combat original

 

Autant ne pas faire durer le suspense. Puisque j’ai introduit le jeu avec ce fer de lance, poursuivons la lancée. Je précise juste avant toutes choses que j’ai joué sur la version Switch du jeu, donc je vais utiliser le jargon de cette console. Bref.

Lors des phases de combats, vous allez contrôler une équipe de quatre joueurs, chacun assigné à une touche (A ; B ; X ; Y). Il vous faudra donc appuyer sur la touche voulue pour effectuer une action avec le personnage voulu. Ajoutons à cela que ces dites actions peuvent être combinées avec les touches directionnelles ce qui nous amène à une possibilité de 3 attaques différentes par personnages.

Dans les cas les plus simples puisque chaque recrue va posséder un style de combat différent, donc qui ne se jouera pas de la même façon. Ce qui laisse une très grande plage de possibilités et de stratégies à mettre en place pour optimiser votre équipe.

 

 

Mais attention, il ne vous suffira pas de spammer une touche pour vaincre, puisque chaque action va nécessiter un temps de rechargement plus ou moins long selon les statistiques de votre attaquant (notons que vous pourrez effectuer plus d’actions à la suite avec un membre de vos équipes au fur et à mesure de votre progression, permettant de faire des combos plus longs).

Oui mais du coup, en quoi c’est un mélange entre le tour par tour et le temps réel ? Pourquoi nous vendre autant de rêve dans ce monde si froid et cruel ? La vie a-t-elle un sens au fond ? J’y viens…partiellement.

La mécanique de combat que je viens de vous décrire ne correspond qu’à votre phase d’attaque. Et oui, j’en ai gardé sous le pied. En effet, après un certain temps sans offensives (ce qui arrivera une fois que vous aurez vidé les capacités de vos guerriers), c’est au tour de l’adversaire de vous coller des gnons. « Au tour », ça y est, on y arrive.

Lors de ces phases, vous rentrez donc en mode défensif et votre but sera de parer les assauts, toujours en appuyant sur la bonne touche au bon moment. Oui, on est presque sur du jeu de rythme, mais ce n’est pas la seule variation de gameplay.

 

Un gameplay varié et équilibré

 

Oh mon dieu, une transition ! Que voulez-vous, il faut croire que je m’améliore avec le temps.  Parce que oui, c’est bien de taper des gros méchants pas beaux, mais ça fait pas tout. Et sur ce point-là, la meilleure comparaison pour imager reste l’incontournable licence Final Fantasy. Surtout les vieux. Je m’explique. Quand vous ne fracassez pas du monstre, vous vous baladez dans le monde. Et la comparaison s’arrête là puisqu’ici il va s’agir d’un monde en 2D (avec des arrière-plans de déco en 3D mais on parlera des graphismes plus tard). Et vous savez quel style de jeu s’adapte parfaitement à ce choix graphique ? Indice : Mario. Pour les retardataires, il s’agit de la plateforme. Oui, Un RPG Plateforme, parce que Yolo. Alors oui ça existe, mais ça reste original.

Et ces plateformes croyez-moi, il va arriver qu’elles vous résistent sur certaines séquences, à en jeter vos manettes (bon, comme je suis sur Switch Lite la manette est intégrée à la console donc la frustration ne m’a pas poussé à ce point, mais l’envie y était). Parce que oui, certaines d’entre elles vont nécessiter un doigté et une précision digne d’un jeu Tortues Ninjas sur NES. Bon j’exagère, disons Batman, sur NES (le premier avec des musiques orgasmiques et Jack Nicholson en 8bits, oui).

 

 

Au début de votre aventure, votre seule capacité sera de sauter contre les murs, ou Wall-Jump comme on dit chez les anglophones. Mais, RPG oblige, d’autres capacités viendront s’ajouter à votre panel au cours de votre progression, et il faudra donc prendre en compte ces aptitudes pour passer certains obstacles ou débloquer certaines zones qui ne l’étaient pas lors d’une précédente visite.

Tiens, revenir sur un lieu avec une nouvelle capacité pour pouvoir élargir sa progression, ça vous rappelle pas un autre style de jeu intimement lié à la plateforme ? Et oui, Indivisible se paye aussi le luxe d’ajouter une touche de Metroidvania, le tout en totale cohérence avec son scénario.

 

Une histoire prenante

 

Deuxième transition qualitative, on ne m’arrête plus. Toujours est-il qu’il est quand même temps d’aborder le sujet relativement important qu’est la trame principale. Laissez-moi donc vous la narrer en des termes simples.

Nous suivons Ajna, une adolescente de 16 ans, qui vit paisiblement dans son petit village dans lequel elle suit les enseignements et entraînements de son père, un homme mystérieux. Oui, elle est mignonne et elle casse des bouches. Mais, comme tout parcours initiatique qui se respecte, vient le jour où son train-train quotidien se retrouve chamboulé par l’arrivée des armées d’un certain Ravannavar, menée par Dhar, qui vont brûler son village et tuer son père. C’est en combattant Dhar, responsable de ce meurtre, que notre protagoniste va découvrir la capacité d’absorber certaines personnes et les libérer en temps voulu (ce qui est une pirouette scénaristique de haut vol pour justifier que plusieurs entités se baladent dans un seul corps à l’écran, là où d’autres jeux se reposent sur le consensus général plus connu sous le nom de « Ta gueule c’est magique »).

Armée de courage et de la hache de sa défunte mère qu’elle n’a jamais connue, notre protagoniste va donc entamer sa quête de vengeance, mais sait-elle dans quoi elle s’engage réellement ?

Je n’en dis pas plus, j’estime qu’il est beaucoup plus intéressant de découvrir cette histoire par soi-même. Toutefois, et sans divulguer, je peux assurer que l’histoire, bien que reposant sur une trame classique, est bien écrite. Les personnages sont variés, chacun avec sa personnalité, ce qui amènera à des dialogues délicieux dans la majorité des cas. Mentions spéciales pour Ramzi et Baozhai qui sont juste parfaites dans leurs rôles (comme quoi, si les jeux-vidéos arrivent à écrire des bons personnages féminins sans jamais mettre ce genre en avant, on peut garder espoir quant à cette même capacité sur petits et grands écrans. Mais je m’égare).

 

 

Puisque l’on est dans un univers fantasy, il y aura la présence d’un duo de magiciens qui renforceront nos capacités offensives ou défensives en échange de cristaux (appelé ici Ringsels), qui seront disséminés un peu partout dans le monde, de façon plus ou moins accessible, incitant à l’exploration. Exploration fortement recommandée puisque chaque amélioration fera augmenter votre barre de mana…euh pardon Iddhi qui permettra de faire déferler sur vos ennemis des attaques beaucoup plus puissantes une fois cette source d’énergie consommée.

 

Des musiques et graphismes soignés

 

Combo Breaker, pas de transition, tant pis, mais j’ai amorcé plus haut le sujet du monde en 2D, et il est temps d’y revenir. En raison du style de jeu que propose Indivisible, la direction artistique propose un choix graphique cohérent, à la limite même de l’évidence, mais brillant : l’animation. Et j’entends par ici le style dessin animé, qui est un pur plaisir visuel dans ce jeu. Et ce plaisir est d’autant plus appréciable dans les cinématiques qui deviennent littéralement des cours métrages (enfin mini métrage, mais vous avez saisi l’idée).

Et comment sublimer une bonne animation ? Avec des bonnes musiques. Chaque bande son est en total accord avec le décor associé, ce qui crée une ambiance unique à chaque environnement (petite préférence personnelle pour le monde de Kaanul).

L’association de ces deux éléments donnera une réelle impression de voyage dans un monde qui est paradoxalement relativement restreint. Petit plus toutefois, le recrutement de certains personnages est optionnel, sans parler de quêtes annexes, cela augmentera un brin la durée de vie du jeu qui n’était pas en reste. En ce qui me concerne, le jeu affiche 62 heures, mais il a souvent tourné en arrière-plan donc à prendre avec des pincettes. Et le fait d’avoir parfois galéré 30-45 minutes sur une phase de plateforme délicate est a prendre en compte, accessoirement.

En bonus, les personnages que j’ai débloqué au cours de ma partie, sachant que je n’ai pas fait la quête du 100%.

 

 

Conclusion

 

Indivisible est un jeu qui se repose sur une histoire classique mais efficace, et qui devient original dans son gameplay en constante évolution. Servi dans un cadre artistique des plus agréable, couplé à des dialogues qui vous feront passer du rire aux larmes, il y a de fortes chances que vous passiez un bon moment malgré la présence de moments coriaces.

En soit, une excellente surprise personnelle.

 

VHDProd. pour Shainiiigaming