Test: God of War

 

Après avoir détruit tous les dieux de la mythologie grecque avec un certain brio, Kratos a eu le droit de prendre quelques années de congés bien mérités. C’est à la surprise générale qu’en 2016 Sony annonçait en grandes pompes avec un orchestre tout entier le retour du spartiate sur le devant de la scène. Est-ce que la pluie d’applaudissements de cet E3 était vraiment méritée pour le nouveau God Of War ? Nous avons enfin une réponse pour vous !

 

Devenir père ça change les gens, si si même Kratos !

 

En se lançant dans l’aventure, les premières choses qui frappent sont bien entendu l’aspect technique solide comme un vieux chêne millénaire, ainsi que la direction artistique qui rend tout à fait justice aux sublimes paysages que peuvent offrir les pays nordiques. Il faut avouer qu’en plus de cela, d’autres choses nous cognent aussi d’un coup bien sec au visage. C’est simple : God Of War a changé et ce n’est plus un beat’em up, enfin du moins ce n’est plus « que » cela. Kratos perd par exemple la possibilité de sauter et on perd par la même occasion la majorité du petit côté plateforme des opus originaux. Heureusement on retrouve de temps à autre quelques traces du genre, grâce à quelques petits passages bien pensés. On gagne en contrepartie une bonne paire de menus, un petit système pour crafter son équipement, des quêtes annexes et pour finir un monde assez grand à explorer, même si heureusement on est pas sur un énième open world. Cela vous dit quelque chose ? Et bien oui, God Of War a pris une bonne grosse dose de A-Rpg. On gagne grâce à cela un monde plus étoffé, une histoire plus travaillée, des personnages plus attachants et un rythme de jeu automatiquement moins frénétique. Certains fans tireront sans aucun doute la gueule, alors que d’autres s’accommoderont de ces changements sans trop y penser, grâce à la qualité intrinsèque du jeu et car cela a mine de rien l’avantage de nous faire passer bien plus de temps avec le chauve baraqué que par le passé. Il faut dire que toute la partie exploration, qui a été ajoutée à cet opus est vraiment bien amenée. L’œuvre n’est d’ailleurs que difficilement critiquable et ce même pour les fans de la première heure, car il réussi l’exploit de prendre le meilleur du jeu vidéo de la dernière décennie pour le mettre sur un seul et unique Blu-ray, ce qui est quand même assez remarquable pour être souligné. On évite d’ailleurs les dérives du jeu vidéo moderne avec une certaine grâce et il n’y a donc aucun DLC au programme, ni aucun détestable Season Pass, ce qui est une très bonne chose ! Que cela est bon de ne pas se sentir plumé, comme un pigeon dans le monde du jeu vidéo. On avait presque oublié cette agréable sensation d’acheter un titre complet d’entrée de jeu !

     

Pas de pitié pour tes ennemis, car ils n’en auront pas pour toi !

 

Passé l’aspect Rpg, on arrive rapidement dans le vif du sujet avec les combats. On se rend rapidement compte que Kratos est toujours aussi bourrin et qu’il ne fait toujours pas dans la finesse. Le guerrier Sparte a une nouvelle arme de prédilection, qui n’est autre qu’une hache dont on soupçonne d’être la cousine du marteau de Thor des Avengers. Oui, cette dernière peut être lancée n’importe où et revenir dans nos mains à la simple pression d’une touche. Cela n’a l’air de rien dit de cette façon, mais en jeu cela peut être assez jouissif. On peut par exemple laisser la hache plantée au sol au loin et attendre qu’un ennemi soit en face de nous pour la rappeler, afin qu’elle le transperce dans le dos :bien pensé ! Sans surprise le guerrier a plus d’un tour dans son sac et il peut tout aussi bien se battre à mains nues et dispose en plus de cela d’un bouclier pour se protéger. Malgré son âge plus avancé que dans les premiers opus, Kratos est toujours aussi puissant et tape très fort. Le système de combat est pêchu, on ressent bien les impacts, que cela soit à la hache, à mains nues ou bien encore avec une autre arme dont on ne vous dira rien. Même cogner un ennemi avec le bouclier offre des bonnes sensations de jeu, c’est dire à quel point l’ensemble a été travaillé de fond en comble. Un mode permet de déverser pendant quelques secondes toute la colère de Kratos, qui devient pendant quelques secondes une véritable machine à tuer. En plus de tout cela on peut esquiver et faire des finish moves bien stylés dignes d’un Mortal Kombat. Le fils de Kratos est d’une grande aide et il est très intuitif de le faire participer au combat grâce à une simple pression de la touche carrée. Le petit est un archer et cela lui permet de lancer des flèches de plusieurs genre avec différents effets que l’on peut améliorer via son arbre de compétences. Oui, il y a un arbre de compétences et pas que pour le fils, qui permet de débloquer un tas de techniques pour nos deux héros. On regrette quand même quelques petits points négatifs, comme le nombre de finish moves assez restreints en fin de compte et le manque flagrant de Boss gigantesques, qui était pourtant la marque de fabrique de la licence par le passé. Deux ou trois énigmes nous ont aussi parues un peu tirées par les cheveux, mais rien de bien désagréable pour autant.

       

La neige c’est bien joli !

 

Difficile de comparer God Of War aux autres jeux qui existent sur le marché actuel quand on parle d’aspect technique. Il s’agit sans aucun doute d’un des jeux les plus aboutis techniquement parlant dans notre industrie et donc il n’y a que très peu de jeux qui peuvent prétendre lui arriver à la cheville. On peut citer d’autres productions exclusives à la Playstation 4, comme les deux derniers Uncharted ou encore Horizon : Zero Dawn, mais la liste n’est en réalité pas bien plus longue.

On ne peut que rester bouche bée devant le travail qu’a réussi à accomplir Santa Monica Studios avec son jeu. Toutes les techniques d’éclairage sont très poussées et voir la luminosité ambiante réagir directement dépendant de la matière sur laquelle elle reflète est relativement stupéfiant et cela est valable aussi pour la peau des personnages. Les autres points importants comme les reflets dans l’eau sont géniaux, ainsi que les divers effets de lumineux volumétriques, qui passent avec grâce à travers le brouillard ambiant. Les animations ne sont pas délaissées pour autant et l’ensemble est d’une grande cohérence du début à la fin. On remarque qu’un soin important a été apporté à la logique de la physique, il n’est donc pas rare de voir des débris propulsés dans la direction d’un coup de hache. On est pas encore au niveau de la physique très avancée d’un Zelda : Breath Of The Wild, mais cela n’est pas l’objectif dans ce genre de jeu qui ne se sert pas de la physique pour construire son level design. Comme vous pouvez vous en douter, les habits que portent Kratos bougent avec un réalisme très poussé et l’ensemble reste très naturel.

L’animation de la neige est très réaliste et on passe un cran au dessus de ce qui avait déjà été fait avec cette matière. Cet univers prend vie sous nos yeux et observer Kratos se frotter à des hordes de monstres est donc un véritable petit plaisir. On ne peut qu’apprécier le travail sérieux qui a été réalisé par les équipes de Sony sur l’ensemble du jeu et des textures, comme celle du bois qui est d’une très haute qualité. Pour finir tout cela en beauté, il existe aussi un antialiasing mené de main de maître permettant au jeu d’être très cliquant même sur une télévision 4K.

Les possesseurs de la version Pro de la Playstation 4 peuvent opter pour un mode performance, qui débloquera le framerate en faisant tourner le jeu entre 30 et 60 images par seconde (on a constaté une moyenne de 45) et un mode résolution qui bloque quant à lui le titre à un 30 images par seconde. Ce dernier mode augmente la résolution et fait un travail minutieux pour tenir un framerate très stable. De notre côté on conseille la stabilité du mode résolution, même si certains apprécieront certainement de profiter pendant quelques moments du titre en 60 images par seconde. Les deux machines offrent un bon filtrage de la qualité des textures, mais la PS4 Pro reste sans surprise au dessus de la version classique de la machine.

     

Une histoire personnelle…

 

Pour la première fois de sa vie Kratos ne se bat simplement pour le plaisir de se battre ou avec la volonté de se venger, mais il se contente d’exaucer le dernier souhait d’un être cher et par la même occasion d’enseigner diverses choses importantes de la vie à son dernier enfant. On est heureux de voir que le passé de Kratos a bel et bien été entièrement gardé et que l’on ne subisse pas un reboot ridicule effaçant avec un coup de baguette magique tout son passé. Une très belle initiative de la part des créateurs du jeu, qui permet de donner une plus grande cohérence au personnage, qui dispose d’un passé sur lequel s’appuyer et dans lequel les fans de la première heure peuvent se raccrocher pour voir à quel point le personnage a évolué au fil du temps.

     

Conclusion

 

C’est avec un grand plaisir que nous avons suivi les aventures de Kratos dans ce renouveau de God Of War. On est vraiment heureux de voir ce qu’est devenu l’un des antihéros les plus badass de l’histoire et on remercie Santa Monica de ne pas avoir fait un bête « Reboot » effaçant tout le passé du héros. God Of War a changé de « genre » de jeu, mais il faut avouer que cela lui colle plutôt bien à la peau et le titre que Sony nous propose est un véritable condensé de tout ce qu’il s’est fait de mieux dans notre industrie depuis une décennie. On ne va pas cracher dans la soupe pour les quelques défauts que le titre présente et on va plutôt vous le recommander chaudement si vous êtes à la recherche d’une grande aventure avec un grand A. Les seuls qui seront peut être largués sont bel et bien les fans les plus chevronnés du Spartiate, qui crieront haut et fort qu’il ne s’agit plus vraiment d’un beat’em up classique. Allez, je retourne finir le jeu en mode God Of War. Souhaitez moi bonne chance.

 

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Shainiiigaming
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