Divinity : Original Sin II (Version PS4)

LARIAN Studios – 2017 (PC) 2018(PS4-One)

Testé sur PS4 Pro

Une fois n’est pas coutume…

Et si on se tapait une petite crise de chauvinisme gratuite ? Car oui, LARIAN, la boite de développement qui a accouché du titre qui nous intéresse aujourd’hui est belge ! Fondée en 1997 par Swen Wincke, la société a galéré pendant des années avant de se trouver un cheval de bataille dans le monde du RPG via sa franchise Divinity qui existe quand même depuis 2002 !

C’est en 2014 que Larian édite Divinity : Original Sin (le premier du nom). Petite anecdote concernant ce titre : il fut entièrement financé via un crowdfunding ! La société ayant récolté 940.000$ alors qu’il n’en demandait « que » 400.000 à la base. Le jeu connu un franc succès avec plus de 500.000 copies vendues. En 2017, ils remettent le couvert sur Kickstarter et, rebelote, ils quadruplent la somme demandée à la base. De cette manne financière, ils nous pondent DIVINITY  : Original Sin II sur PC et c’est à nouveau un carton plein. Le jeu mettra un an à être proposé sur console mais, ô bonheur, ça y est ! Depuis le mois d’août, il vous est possible de parcourir en long et en large le monde gigantesque et très fouillé que vous propose Divinity II. Mais, comme tout le monde le sait, les portages de PC vers consoles de certains titres ont été de véritables catastrophes… Qu’en est-il de celui-ci ? Peut-on réellement profiter pleinement d’un titre aussi riche sur les monolithes de SONY et Microsoft ?

La réponse est OUI ! Je ne vais pas y aller par quatre chemins qui tournent autour du pot d’un mot comme en cent, la version console de D2OS est fidèle à sa cousine windowsienne. Et même peut être mieux… pour sa prise en main plus intuitive (les PCistes, arrêtez de me regarder avec vos yeux mitraillettes ! Ce n’est pas moi qui ai déclaré ça mais un pote qui a testé les deux versions). D’ailleurs, je clos ici le débat car, ce qu’on m’a demandé de faire c’est bien un test du jeu et non pas une comparaison de versions.

Et sinon, Ca raconte quoi ?

Difficile de vous faire un résumé complet du lore de Divinity car c’est extrêmement large. En plus de quinze années d’existence, force est de constater que Larian a peaufiné son bébé et c’est même dommage qu’on en entende si peu parler. Pour tenter de faire simple, en ce qui concerne D2OS, on inverse les rôles du premier volet en vous faisant évoluer en tant que personnage imprégné de magie (qui étaient donc ceux que vous chassiez dans Divinity premier du nom, vous suivez ?). Votre aventure commencera à bord d’un bateau sur lequel vous êtes retenu prisonnier par les Magisters, qui ne vous aime pas beaucoup et c’est peu de le dire. Ce bateau servira de tutoriel afin que vous maîtrisiez les commandes et les concepts de base du jeu (et, croyez-moi, il vaut mieux piger tout de suite comment ça fonctionne…). Mais avant de se lancer dans l’aventure il faut…

Créer son personnage

 

Et sur ce plan là, on peut dire qu’ils y ont mis le paquet les ptits gars de chez Larian. Outre les cinq personnages « originaux » qu’il est possible de choisir directement, il vous est laissé totalement libre choix des caractéristiques et du type de personnage que vous désirez incarner. Et, mieux que ça, les caractéristiques de bases définissant votre style de jeu ne sont pas « bloquantes ». Je m’explique : si, en début de partie, vous décidez de vous créer un mage, il est possible au cours du jeu (en appliquant les caractéristiques qui vont bien) d’en faire un vrai guerrier, voire même, un mélange des deux… Un « guerrage »… ou un « marrier »… pffrrrrrt… (oups, je m’égare ). Plus sérieusement, le jeu vous permettra de faire ce que vous voulez de votre avatar, à votre guise et sans aucune restriction. Je ne connais aucun autre titre qui ait permis ça auparavant… Les rôlistes de la première heure vont vraiment apprécier !

Mais ce n’est pas tout : au niveau de l’apparence, là aussi ça roxe du poney chez Larian ! C’est assez simple, je crois que je suis resté plus d’une demi-heure sur les écrans de sélection du personnage. Pour moi qui suis plutôt du genre « mais je m’en bas les c… de la tronche qu’il a », c’est un record. Masculin, féminin, corpulence, couleur de peau, des yeux, des cheveux, habits, élancé ou rondouillard, … . Tout est configurable à l’infini et c’est vraiment bien. A nouveau, les développeurs ont voulu caresser les fans de Donjons et Dragons dans le sens du poil.

Et vogue la galère…

 

Votre tutoriel à bord du bateau s’achève lorsque ce dernier coule suite à l’attaque de bestioles vindicatives. Vous vous retrouvez sur une île là où toute l’histoire commence réellement. Vos premiers pas dans Divinity vont vous pousser à retrouver vos compagnons d’infortune et entamer votre quête principale, qui, bien entendu, est différente pour chaque personnage que vous choisissez. Parlons-en, tiens, de ces quêtes. Il y en a beaucoup, vraiment beaucoup ! Sans compter que chaque personnage que vous retrouvez et qui se joint à vous, va, lui aussi, rajouter ses propres quêtes, principales et annexes. Ça en fait du boulot, ma bon’dame ! A vous de choisir si, en bon prince, vous entamerez celles de vos compagnons ou si, comme un gros chacal baveux, vous vous cantonnerez aux vôtres sans vous soucier d’eux. Cependant, sachez que le monde entier réagit à vos actions, vos compagnons y compris ! Si vous les laissez trop de coté, ils vous diront gentiment d’aller vous faire f… voir et continueront leur périple sans vous. De même, il est extrêmement mal vu de saccager un village ou une ville. Les habitants vont vous détester et peut-être même qu’ils ne vous adresseront plus la parole ! Pour en terminer avec ce point, un petit truc amusant à essayer : rentrez dans une ville et attaquez-vous au premier garde que vous croisez… C’est, comment dire ? Explosif !  Au passage, les combats sont basés sur un système au tour par tour bien foutu, facile à prendre en main. C’est le cas depuis Divinity, premier du nom qui avait initié ce mode de baston.

Un tout petit paragraphe pour vous dire aussi que, aussi bien visuellement qu’auditivement, Divinity 2 est un régal pour les yeux et les oreilles. L’ambiance musicale est sympathique (et au passage, configurable également ), les graphismes sont clairement magnifiques (un système d’upscale en 1080i pour la PS4 mais apparemment de la vrai 4K sur One X) mais je vous conseille fortement d’avoir un écran suffisamment grand pour en profiter pleinement.

Mais alors ? tout est parfait ?

 

Présenté comme ça, on pourrait croire que Divinity 2 est le RPG ultime que tout le monde se doit de posséder. Tout d’abord, abordons les dialogues. Certes, D2 est un jeu de rôle, et comme tout bon jeu de rôle, l’immersion est importante pour les joueurs et l’interaction avec le monde se doit de répondre à l’appel. Les dialogues sont très nombreux. Vous pouvez parler avec tout le monde, même les animaux (à savoir qu’une compétence vous permet aussi de les comprendre). Non, vous ne pouvez pas parler avec les arbres… (j’ai essayé ^^). Mais nous sommes en 2018 ! Et, à mon sens, l’effort aurait pu être mis sur la traduction des voix. Bien entendu, tout est traduit en texte mais pour le reste, il faut apprécier la langue de Shakespeare sous peine d’en avoir vite marre… Les anglophobes, vous allez déguster ! Ceci est un avis purement personnel, ne me jetez pas de pierres. Il faut aussi préciser que D2 est tout sauf facile ! Le jeu ne vous prend pas par la main pour résoudre vos quêtes. Vous devrez discutez avec tout ce qui bouge et découvrir dans les dialogues le petit détail qui vous permet d’avancer. A nouveau, Les rôlistes vont crier au génie (non, ils ne vont pas se faire geler. Si vous avez compris celle-là vous gagnez un Twix). Par contre, les joueurs moins enclins au RPG pur souche vont être rebuté par cet état de fait. (Allez hop ! Jean Kevin, retournes sur Colofduti ! ). Pour revenir sur les quêtes, comme je vous l’ai déjà dit, il y en a un paquet ! Votre journal se remplit très rapidement entre les principales, les annexes, celles de vos compagnons, etc… Après un certain temps, j’ai trouvé ça un peu fouillis. On a un peu de mal à s’y retrouver (et non, ce n’est pas à cause de mon âge ! Bande de chacals !). Voilà, voilà…

Que dire de plus ?

Que pourrait on rajouter à tout cela ? Et bien que le mode multijoueur n’a évidement pas été oublié. Notamment avec un mode split screen en co-op sur le même écran. Sympa ! Que la durée de vie du jeu est impressionnante. Larian annonce plus d’une centaine d’heures pour les quêtes principales et uniquement si vous lisez très vite . A l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai pas fait plus de 20% de celles-ci. Un mode « arène » (pas testé) qui a l’air très bien implémenté.

Quitte à me répéter, Divinity 2 s’adresse clairement aux vrais fans de RPG. Sa complexité, sa modularité poussée au paroxysme, l’implication qu’il demande aux joueurs font de ce titre un « must have » si vous aimez vous casser la tête et vous sentir vraiment dans la peau de votre avatar tout en étant immergé dans un scénario complexe et très bien écrit. Si vous n’aimez pas lire, que vous ne vous intéressez que très peu à l’univers virtuel qui vous entoure ou que vous n’avez que peu de temps pour jouer, passez votre chemin ! D2 n’est clairement pas pour vous. Si vous êtes rôliste dans l’âme, n’hésitez pas une seconde : ce jeu est une bombe atomique !

A pluch’ sous l’bus… Jaric