TEST : Assassin’s Creed Odyssey

 

Date de Sortie : 05/10/2018

Disponible sur : PC, PS4, Xbox One

Un an après la claque « Assassin’s Creed Origins », qui a suscité 2 ans de développement à Ubisoft afin de permettre un renouveau de la licence, Assassin’s Creed Odyssey repose sur les bases solides de son grand frère avec de nouveaux paramètres pour sublimer encore plus l’expérience de jeu. Une nouvelle interface de cinématique active avec un impact décisionnel sur l’évolution de votre aventure, ainsi qu’une greffe de batailles navales au même titre que son prédécesseur « Black Flag ». Peut-on faire mieux qu’Origins ?

      

 

« D’où qu’il vienne, l’homme courageux est celui qui accomplit le mieux tout ce qu’il fait.» (L’Iliade)

Ceux qui ont fait latin ou grec à l’école ne pourront pas oublier les récits fantastiques de Homère. Et c’est sur cette toile de fond homérique que l’on narre les aventures (suivant votre choix) d’Alexios ou Kassandra. Nous sommes en 480 av. J.-C., toute la Gaule est occupée, toute? Non ! Un petit…

« Hop Hop Hop !! Ce n’est pas Astérix le Gaulois là, on est en Grèce ! »

 Hum ! Bon reprenons, -480 en Grèce donc, à l’aube de la plus célèbre de toutes les batailles de la Grèce antique, opposant le roi Léonidas 1er et ses spartiates à la grande armée perse du roi Xerxès 1er, j’ai nommé la fameuse bataille des Thermopyles. Assassin’s Creed Odyssey nous catapulte au milieu de cette bataille dans la peau de Leonidas et profite de ce moment historique pour nous montrer les bases du combat. Nous connaissons tous la fin tragique de Léonidas, mais également la bravoure qu’il a eue ainsi que ses fidèles soldats pour affronter la grande armée perse. Il en restera un petit héritage et pas des moindres, sa lance ou enfin ce qu’il en reste et suivant votre choix, vous pourrez l’utiliser au travers d’Alexios ou Kassandra, les descendants du défunt roi. Historiquement, nous sommes en -431, au début de la guerre du Péloponnèse qui oppose la ligue de Délos menée par les Athéniens et la ligue Péloponnèse dirigée par l’hégémonie de Sparte. Contrairement à l’épisode Syndicate, vous avez le choix entre deux personnages, mais impossible de changer par la suite, sauf si vous recommencez la partie. C’est vraiment bénéfique pour le joueur dans le sens ou vous aurez des chemins différents, mais qui se croiseront tôt ou tard dans l’histoire forcément !

     

 

Ce nouvel assassin a été mis en chantier en même temps qu’Origins mais a nécessité un an de plus pour être terminé. C’est un des premiers titres qui a eu une écriture vraiment intéressante sur le travail des personnages principaux (je n’ai pas joué avec Kassandra, mais je n’espère pas un croisement de destiné dans le sens ou Alexios jouerait le rôle de Kassandra si j’avais commencé avec elle ou vice-versa), mais aussi des protagonistes secondaires que l’on va croiser tout au long de notre histoire comme Socrate, Périclès ou Hippocrate. Et contrairement à Bayek où la croyance mythologique est omniprésente, dans Odyssey, on vous laisse le choix d’y croire ou non à travers votre personnage par un procédé habile utilisé dans les RPG : des cut-scenes à choix multiples qui vont dessiner le caractère de votre personnage, mais auront aussi un impact sur l’avenir du scénario. Nous ne sommes pas encore au niveau du génialissime « Detroit Become Human » de David Cage, mais le ressenti du choix est réel. Je reproche quand même l’équipe d’Ubisoft de donner beaucoup trop d’indications dans l’interface qui peuvent orienter le joueur sur ses choix (icônes représentatives, textes de couleurs…). Il y a aussi le fait que le choix des réponses n’est pas souvent très clair puisqu’une phrase peut avoir une signification différente suivant le ton choisi pour la dire (sérieux, triste, ironique, cynique…) ce qui joue parfois des tours. J’ai aussi rencontré quelques bugs assez cocasses dans ces cinématiques, comme la disparition des personnages dialoguant ou la texture de certaines armures censées être rigides qui se plie en fonction des mouvements du personnage, décrédibilisant complètement la scène. Des bugs à corriger pour les prochaines mises à jour peut-être… Mais bon, disons que c’est un bon pas en avant en espérant que le prochain titre laissera une totale liberté des choix de réponse du joueur, améliorant encore plus l’expérience de jeu et renforçant le côté RPG vers lequel s’oriente clairement la licence à l’instar du parkour.

     

 

« Souviens-toi de ton père, Achille semblable aux Dieux ! (L’Iliade, XXIV, 485)

L’épisode Origins était déjà doté de graphisme magnifique, avec une dynamique du sable incroyable, ses vastes déserts chauds, ses oasis, ses pyramides et autres monuments emblématiques. Il m’arrivait parfois d’y jouer juste pour m’évader, gravir une montagne ou une pyramide et contempler le coucher de soleil sur le Nil. Dans Odyssey tout est sublimé ! C’est encore plus beau ! Chaque once d’herbe et de feuillage a une physique. Ubisoft a su créer la carte la plus vaste de la licence. Celle-ci s’étend sur toute la mer Égée, oui oui, de la Grèce à la Turquie et à la Macédoine des Balkans, encore plus énorme que les Caraïbes de Black Flag ou l’Égypte de Bayek. Cela donne une variété énorme de paysage, car tout est visitable sans avoir une impression de déjà-vu. C’est une immensité vertigineuse de forêts aux teintes automnales, plages de sable fin léchées par une eau turquoise, épaves de navire recouvertes de coraux, petits villages côtiers grouillants d’activité, sommets blanchis par des neiges éternelles, île volcanique aux roches teintées d’anthracite et, bien sûr, temples perdus dont les ruines ont déjà été rongées par le temps… De quoi y passer des heures, beaucoup plus que les heures passées en Égypte.

     

 

En plus de vous déplacer à cheval, Black Flag s’invite dans cet opus avec son système de navigation amélioré permettant de parcourir la mer Égée et visiter toutes ses petites îles. La mer a été retravaillée avec des houles beaucoup plus réalistes et une dynamique titanesque lors des tempêtes. Elle renferme aussi une faune aussi variée que magnifique avec des dauphins, des baleines, des requins… La physique des bateaux moins gros que dans Black Flag a été prise en compte, ils sont donc relativement plus maniables et peuvent faire des virages très serrés grâce à vos nombreux rameurs. Vous avez la possibilité d’avoir un petit boost en galvaudant vos rameurs qui permet d’échapper à certaines situations de conflits. Même si c’est salutaire parfois, je trouve que cette facilité gâche un peu le challenge du combat que l’on avait dans Black Flag par exemple. Bien évidemment, votre bateau est améliorable, l’arsenal, le dégât des armes, l’endurance de votre navire comme votre équipage, tout peut être amélioré, jusqu’à devenir légendaire comme vos armes et votre armure. Néanmoins, une dimension s’ajoute en plus : vous pouvez recruter des capitaines parmi vos ennemis et ça c’est vraiment génial ! En fonction de vos choix, ces ennemis peuvent rajouter des aptitudes à votre bateau ou votre équipage qui seront plus ou moins importants  selon la rareté de classe de ces ennemis (rare, épique ou légendaire). Ai-je dit RPG ?

     

 

« C’est par l’adresse que vaut le bûcheron, bien plus que par la force.» (L’Iliade, XXIII, 313)

Ainsi, nous arrivons au plus important de la licence : que fait-on dans Assassin’s Creed Odyssey ?

À part les habituelles quêtes principales, les quêtes secondaires qui sont représentées par des écriteaux présents dans chaque ville, les complétassions de monuments spécifiques, camps, forts…etc. On trouve des quêtes spécifiques, qui expirent dans le temps chez un marchand particulier (l’Oikos des concurrents olympiques), qui permettent de récolter des fragments d’Orichalque. Ceux-ci vous seront utiles pour les échanger contre des armes et des armures uniques. Fini les traques des Phylakes de Origins, place à un système de chasse à l’homme. Suivant vos méfaits (mis à sac d’un fort, vol, meurtre…), votre tête peut être mise à prix attirant des mercenaires prêt à en découdre pour rafler la prime. Une barre de niveau d’alerte symbolisée par 5 casques spartiates sur votre HUD rougira suivant la gravité de vos méfaits et en même temps vous indiquera le nombre de mercenaires à vos trousses. Le moyen de vous sortir de ce guêpier, c’est de tuer ou payer le commanditaire de la prime (symbolisé par une bourse rouge sur la carte) ou bien tuer les mercenaires qui vous traquent (casques spartiates rouges). Cette dernière solution vous classe sur une échelle de force (échelon 9 à 1), puisque vous en êtes également un. Chaque mercenaire tué est aussitôt remplacé ce qui donne un vivier constant dans le jeu, jusqu’à devenir numéro 1. Chaque victoire permet de looter des armes et armures, rares, épiques ou légendaires suivant la classe du mercenaire, mais aussi de recruter celui-ci dans votre équipage. Ce système en adéquation avec la situation politique du moment permet de donner un challenge constant au joueur et de faire des choix stratégiques lors des quêtes, car on n’est pas à l’abri qu’un mercenaire soit assez proche de vous en pleine mission d’infiltration. Malgré tout, si vous avez un mercenaire qui est proche de vous et vous voit pendant une cut-scene, celui-ci va tourner en rond jusqu’à la fin de la séquence et se remettra aussitôt à votre poursuite. Je trouve dommage qu’il ne puisse pas vous attaquer directement allant jusqu’à couper la phase de la cut-scene et en découdre, ça enlève un peu de réalisme au jeu.

          

 

Le système de combat est encore amélioré, mais rend les choses un peu plus compliquées, car si vous avez vos talents d’assassin, vos adversaires en ont également. Ainsi, tout est basé sur la parade, esquive et contre-attaque. La parade est possible lors d’un assaut normal de l’adversaire (coup faible, coup fort) ce qui le met en déséquilibre afin que vous puissiez placer votre estoc, mais lors d’une attaque spéciale la meilleure chose à faire c’est d’esquiver et de contre-attaquer sur-le-champ, si le timing est parfait, le temps est ralenti quelques secondes ce qui vous laisse tout le loisir de placer un enchaînement dévastateur. Les talents, pouvant être débloqués à chaque gain de niveau et sans restriction de progression (débloquer du bas vers le haut dans Origins), pourront être utilisés dans deux roues à 4 emplacements (une pour les attaques à distance et une pour le corps-à-corps). Encore une astuce de RPG qui permet au joueur d’optimiser ses attaques suivant le type de mission et le type d’adversaire (animal, soldat, mercenaire…). Les armes ont aussi un système de crafting inédit. Si dans Origins on trouvait des armes et armures avec des capacités plus ou moins puissantes suivant la classe de rareté, on pouvait augmenter le niveau de l’arme sans en changer ses capacités spéciales. Ce n’est plus le cas dans Odyssey, puisque vous pouvez désormais rajouter une capacité spéciale en plus de celle de base sur vos armes et pièces d’armure en les « gravant » chez le forgeron contre quelques ressources (bois, peaux qui n’ont plus aucunes différences, fer et pierres précieuses) et des Drachmes. Encore une très bonne idée de la part d’Ubisoft, qui rend votre équipement légèrement personnalisable en fonction de votre style de combat. Pour l’instant, une dague légendaire avec le talent d’empoisonnement est pour moi le meilleur style de combat qui soit.

     

 

Temps de guerre oblige, pris entre 2 feux, vous allez prendre part au combat pour les Athéniens ou les Spartiates suivant votre envie. Pour cela, il vous faudra affaiblir la nation qui contrôle la région par plusieurs actions avant de vous plonger dans la bataille pour influencer la victoire de conquête de la région au camp choisi. Pour affaiblir une nation, vous pouvez identifier et tuer le dirigeant, attaquer les soldats de la nation, détruire les silos de grain, des râteliers d’armes et des ravitaillements de guerre ou piller la trésorerie de la nation. Tous ces actes auront pour conséquence de baisser une jauge de puissance qui, une fois vide, vous donnera accès à la bataille de conquête. Voici un bon moyen de vous enrichir, mais aussi de vous défouler et mettre à rude épreuve votre skill de combat.

     

 

Faute n’est pas coutume, Odyssey ne serait pas un épisode de la licence d’Assassin’s Creed si celui-ci n’avait pas sa dose de gros méchants à assassiner… Ainsi, durant votre progression dans l’histoire vous allez être confronté au culte de Kosmos, où il vous faudra enquêter sur ses membres pour trouver leur identité et les éliminer jusqu’à arriver à l’initiateur de ce sombre culte. Il se compose de 7 branches dont 5 membres et un chef. Chaque membre compose une armure légendaire et est le chef d’une arme légendaire. Une fois l’armure légendaire complète, vous débloquerez une capacité spéciale unique. Mais aussi, chacun possède un artefact étrange qui vous permettra d’augmenter le pouvoir de votre lance, héritage de votre défunt ancêtre, le roi Léonidas. Car oui, cette lance remplace la lame secrète que l’on avait l’habitude d’utiliser dans les épisodes précédents. 

     

 

En Conclusion

Même si l’on perçoit des similitudes avec son prédécesseur Origins, Assassin’s Creed Odyssey est un titre de la licence avec une identité propre et des personnages intéressants autant principaux que secondaires. Il se démarque par ses nouveaux systèmes de gameplay emprunté du style RPG, laissant une plus grande liberté au joueur pour composer son armement en fonction de son style de jeu. Sur la plus immense des cartes de la licence, avec une variété de paysage d’une beauté à couper le souffle, la partie bataille navale empruntée à son grand frère Black Flag, ce chapitre Odyssey devient l’épisode le plus complet de la série, et malgré quelques bugs à corriger, il est mon épisode préféré et comblera largement les 2 ans à venir de programmation, nécessaire à l’équipe d’Ubisoft avant la sortie du prochain opus qui, je l’espère, se déroulera dans le Japon féodal.

 

 

 

Test réalisé sur la version PS4 par DAGETA