Si 2016 a été l’hécatombe parmi le panthéon artistique, 2017 ouvre les vannes mortuaires dans le secteur du jeu vidéo par un grand nom et pas des moindre : Masaya Nakamura.

C’est ce 22 janvier 2017 à 91 ans qu’il nous quitte pour retrouver Yokoi Gunpei et Ralph Baer vers un repos éternel.

Cet ancien ingénieur de la marine japonaise, monte sa petite affaire « Nakamura Manufacturing » en 1955, en installant deux « Kiddies Rides » (des chevaux mécaniques) sur le toit d’un grand magasin de Yokohama qu’il loue. Après le succès de cette initiative, sa petite entreprise grandissante est baptisée Nakamura Amusement Machine Manufacturing Compagny ou plus connue sous l’acronyme NAMCO. Depuis 1970, spécialisé dans les bornes mécaniques comme « Racer » (Borne « Eremeka » qui fonctionnait avec un système électro-mécanique de projection. La piste défilait sur un film transparent et était projetée sur l’écran de l’intérieur), Namco profite du déclin d’Atari en 1974 pour racheter la division japonaise et ainsi profiter d’une distribution exclusive de ses titres pendant 10 ans. La compagnie sort alors en 1978 Gee Bee, un savant mélange entre casse-brique et flipper. Malgré l’originalité du titre il ne rencontre pas un franc succès. Mais avec le cataclysme « Space Invaders » de son concurrent Taito, Namco profite pour offrir aux joueurs le premier jeu vidéo en RGB avec Galaxian en 1979. Mais c’est un an après que Namco lâche sa bombe « Puk-man » qui sera rebaptisé par la suite par « Pac-Man » pour le marché américain et européen (pas besoin d’expliquer, tout gamer connait la petite histoire…).

Alors comme vous avez pu le voir, beaucoup de sites affirmaient que Nakamura était « le père » de celui-ci

C’EST FAUX !

C’est Toru Iwatani, embauché en 1977 qui est le concepteur et le créateur de Pac-Man.

Une chose est sûr c’est que Masaya Nakamura avait un énorme charisme et il tenait à jouer et à valider tous les titres estampillés Namco avant de se retrouver sur le marché. Il était un peu le « Seal of Quality » de Namco. Ainsi Iwatani n’y échappa pas et dû soumettre Pac-Man à son patron. Même si celui-ci semblait prendre beaucoup de plaisir à y jouer, il trouvait qu’à force, on finissait par confondre les monstres et le héros et demanda donc à Iwatani de mettre tous les fantômes en rouge malgré les tentatives d’explications envers son patron. Mais têtu aussi lui-même, Iwatani fit un mini sondage auprès de ses collègues et aux différentes divisions de R&D de Namco. La réponse était à l’unanimité en faveur des couleurs. Après avoir soumis le résultat de cette enquête sous le nez de Nakamura, celui-ci, de marbre acquiesça avec un hochement de tête accompagné d’un « ok, j’ai compris ».

Il y a d’ailleurs une fausse rumeur qui circule sur le fait qu’Iwatani n’aurait pas touché un rond sur le succès de Pac-Man et aurait quitté Namco furieux. En vérité Nakamura aurait donné une belle prime à toute l’équipe qui a œuvré sur Pac-Man en remerciement après son succès aux USA. Même si Iwatani a eu le même bonus que les autres, il a en plus été propulsé Manager du département R&D de Namco et cette évolution fulgurante dans le monde du travail japonais n’est pas chose courante.

Sous l’autorité de Masaya Nakamura, Namco détient le record du plus grand nombre de bornes d’arcade installées dans le monde, soit 293.822 bornes de Pac-Man construites et utilisées par les joueurs du monde entier de 1981 à 1987, et est inscrit dans le Guinness des records.

En 1984, Namco lance le label Namcot (T pour Trademark), pour la commercialisation de ses jeux MSX et par la suite sur les autres supports au Japon. Ce label permettait de différencier la section de développement sur consoles et celle de l’arcade. Ce label sera abandonné en 1995 avec l’arrivée de la PlayStation de Sony.

Jusqu’en 1989 Namco sera un des premiers éditeurs tiers pour la Famicom représentant 40% des revenus de la société. Seulement, suite à un litige sur le contrat avec Nintendo, Namco se tourne vers la PC Engine de NEC, un petit bijou de technologie à l’époque avant de se rapprocher de Sony qui rentre tout juste dans le secteur du jeu vidéo avec sa PlayStation. En 1993, Masaya Nakamura diversifie sa société en rachetant un des plus vieux studios de cinéma Nikkatsu (connu pour ses films érotiques) et produira plusieurs longs-métrages dont des films de grands réalisateurs japonais comme Kiyoshi Kurosawa ou Shôhei Imamura. Nakamura a également produit l’adaptation au cinéma de Tekken, une licence emblématique de Namco que l’on ne nomme plus.

En 2005, Masaya Nakamura et Naoharu Yamashina, à ce moment patron de Bandai, prennent la décision de fusionner leur société respective pour devenir le groupe BANDAI NAMCO, lequel accède ainsi au podium des plus grands fabricants et distributeurs de jouets et de jeux vidéo au monde.

 

Dageta

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