Vous avez aimé le premier épisode du jeu à l’univers cauchemardesque de Tarsier studio ? Vous aimez vous faire peur… Mais pas trop non plus ?

Enfilez votre manteau le plus sale, ouvrez bien les mirettes, je vous emmène dans un univers aussi hostile qu’envoûtant !

 

Sans surprise, cette silhouette noire ne vous voudra pas que du bien… Mais qui est-il ?

A deux, c’est mieux ?

Ce deuxième Opus commence avec autant de mystères que le premier épisode, c’est avec très peu d’infos que vous commencerez le jeu, tout comme dans le premier ! Néanmoins, vous remarquerez une différence notable dès le début, fini les espaces exigus de « The Maw » et ce sentiment d’étouffement et d’emprisonnement qui vous avait traumatisé en 2017, vous commencerez ici votre aventure dans des bois certes sombres, mais verdoyants, presque joliment agréables, mais vous vous en doutez bien, ça ne va malheureusement pas durer.

Changement de héros aussi, fini la petite fille au ciré jaune, vous contrôlerez à présent un petit garçon au manteau sale et sombre, et aux chapeaux divers et creepy, mais cela aussi ne durera qu’un temps, en effet vous allez vite libérer une compagne de voyage qui vous accompagnera pendant l’essentiel de votre aventure, laissant ainsi libre cours à de nouvelles mécaniques impliquant deux personnages au lieu d’un !

Et c’est là, la première force de Little Nightmares 2, c’est cette aventure en duo, car même si la totalité de l’aventure ne se joue pas avec deux personnages, le gros de celle-ci s’accentuera autour de phases de gameplay impliquant ces deux êtres minuscules, votre héros restant Momo le petit garçon, et ce tout au long de l’aventure. Comme vous l’aurez remarqué sur la jaquette du jeu, ce deuxième personnage qui vous aidera pendant votre périple n’est autre que Six, la petite fille du premier épisode. Juste histoire d’épaissir un peu le mystère…

J’ai personnellement trouvé que ce binôme fonctionnait particulièrement bien pour renforcer l’ambiance du jeu, vous aurez vite le sentiment que vous n’êtes plus seul au monde, qu’il vous faudra protéger votre binôme et traverser ces traumatismes ensemble, pour le meilleur comme le pire ; c’est peut-être con, mais la possibilité d’attraper la main de votre partenaire pour vous balader discrètement ou pour fuir à l’unisson est aussi simple qu’efficace pour renforcer l’immersion dans cet univers ô combien hostile, et ça aussi, c’est plutôt cool !

Haaaaaa le grand air, enfin !

Des cauchemars à la pelle.

Petit rappel pour les retardataires, l’univers de la série vous propose de vous plonger dans vos cauchemars d’enfant, le premier insistant particulièrement sur la peur du noir et des adultes.

Rassurez-vous, ce deuxième opus colle toujours à cet état d’esprit en bien mieux encore (ou pire, au choix!) ! Le jeu étant environ deux fois plus long que le premier, la liste des frayeurs sera bien entendu plus vaste, mais aussi plus subtile et réveillera en vous de vieux traumatismes que vous pensiez avoir oublié.

Vous voulez un exemple ? Assez tôt dans le jeu, on se balade dans une maison au milieu du bois où vous vous rendrez vite compte que votre chemin vous mènera sans autre choix possible à la cave… Et bien oui, du haut de mes 35 ans, je me suis surpris à dire tout haut « Rhaaa les bâtards, on est obligé d’aller à la cave… » .

L’ambiance est, à mon sens, encore mieux travaillée que dans le premier, chaque changement de tableau vous fera grincer des dents sur un détail si habilement placé qu’il vous mettra mal à l’aise, ou sur la réaction ou aptitude d’un « boss » que vous ne soupçonniez pas jusque-là. Pareil pour les proportions de l’univers, certains effets sont aussi réussis que justement oppressants, comme quand vous vous approchez d’une ville et que ses buildings se courbent vers vous pour souligner votre petitesse face à cet environnement gigantesque qui se dresse lentement devant vous.

L’avantage du duo est aussi que désormais plutôt que de vous faufiler sans cesse dans des trous de souris, vous aurez la possibilité d’ouvrir des portes de taille normale ou des trappes anormalement hautes grâce à l’aide de votre binôme, que vous abandonnerez un moment, le temps de lui ouvrir le passage à votre tour. Pour le reste, je vous laisse les surprises que vous réserveront l’école primaire ou encore l’hôpital que vous traverserez, mais soyez rassuré, tout sera fait pour que vous avanciez à tâtons, vous laissant sur le qui-vive du prochain obstacle qui vous tombera dessus…

Bien entendu, pour renforcer l’ambiance, je ne saurai que trop vous conseiller d’y jouer au casque et dans le noir tant qu’à faire !

Fini d’éviter sans cesse la confrontation, maintenant vous pourrez souvent riposter !

Des changements intelligents.

Vous l’aurez compris, que ce soit dans son univers bigrement bien pensé ou avec ses nouvelles mécaniques de duo, Little Nightmares 2 n’a rien à envier à son prédécesseur, bien au contraire !

Autre différence, c’est l’abandon du briquet, bien que visuellement efficace dans le 1er, il est tout simplement absent de cet épisode, la plupart des environnements ayant souvent le minimum de lumière nécessaire pour se déplacer sans soucis ! 

Vous apprécierez aussi sans doute la profondeur bien plus généreuse sur certaines zones. Fini les tableaux « boite » du 1, ici vous allez pouvoir fouiller et explorer un peu plus, le jeu ayant toujours des secrets cachés un peu partout pour vous forcer à l’exploration si vous êtes un complétiste dans l’âme.

Notons qu’il vous sera possible de riposter aussi ! Je n’ai pas souvenir que dans le premier, on ait souvent l’occasion de se débarrasser définitivement de ses oppresseurs, ici, vous aurez le plaisir, non pas de les semer, mais bien de leur faire manger la poussière et je vous jure que le premier gros obstacle que vous allez littéralement exploser, est presque jouissif, l’ère des petits êtres fragiles est finie, place à la bagarre !

Bien entendu à plusieurs moments, c’est bien joli de rouler des mécaniques, mais à part courir vite, vite, VITE, vous n’aurez pas vraiment d’autres choix.

Je ne vous ai pas encore parlé de la direction artistique et de la bande son, tout simplement parce qu’elles sont dans la même veine que le reste du test, c’est comme le 1er, mais en vraiment mieux ! Les décors sont plus beaux, plus riches, les interactions entre des scènes, plus fréquentes et mieux travaillées. La bande son est d’une magnifique justesse, tantôt à la limite du silence, tantôt plus oppressante que le décor lui-même.

Pour les nostalgiques du briquet, je vous dirai juste que vous posséderez une lampe de poche à un moment du jeu, mais qui se révélera bien moins anecdotique que feu le briquet (badam tssss).

Une école délabrée, des enfants en céramique, what else ?

En conclusion.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré cette deuxième mouture de l’univers Little Nightmares, plus beau, plus long, plus angoissant, plus vif que son grand frère, je vois vraiment mal comment vous pourriez bouder celui-ci après avoir aimé le premier !

Alors bien entendu, il y a quelques défauts, je pense notamment aux phases de boss à la fin ou le timing est très (trop?) millimétré, ou encore aux déplacements des fois un peu trop mous ou hasardeux dû à la configuration de certains lieux, mais sincèrement rien de rebutant pour rentrer dans cette aventure riche en surprises qui vous embarquera pour un voyage de 7-8h pour le finir la première fois, un peu plus si vous recommencez pour tout débloquer.

Je ne suis pas un fan de jeu d’horreur, et j’ai adoré ce jeu, il s’adresse à toute personne qui aime les jeux avec une patte et du caractère, à ceux qui aiment les jeux indés pour leur beauté et leur originalité, à ceux qui préfèrent les frissons subtils à l’hémoglobine gratuite.

Alors allez-y, faites vous (un peu) peur, ça ne vous fera pas trop de mal, promis :) 

 

Bandahack
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