8G Pokémon : l’heure du bilan

 

Introduction :

Cette fois on y est, les versions Épée/Bouclier sont officiellement complètes après la sortie du DLC Couroneige. Si j’avais couvert assez vite la sortie de son prédécesseur à sa mise à disposition auprès de joueurs, mon retard concernant cette ultime extension s’explique sur un besoin de recul qui m’était nécessaire, et ce couplé à une vie professionnelle et une flemme installée. En effet, si l’idée initiale était d’écrire un petit papier sur l’extension à l’instar d’Isolarmure, il m’a semblé assez évident que c’était l’occasion de donner un verdict final sur ce jeu qui aura décidément fait couler beaucoup d’encre.

Oui mais voilà, pour cet ultime article concernant cet opus des monstres de poche il me semblait plus juste d’être le plus impartial possible. Ironique compte tenu de l’ardeur avec lequel je l’ai défendu jusque-là, ne vous inquiétez pas, je ne compte pas le démolir à la façon d’un joueur blasé et insatisfait nostalgique de sa version du cœur en quête désespérée de cette sensation vaine de la découverte de la licence, puisque que ladite licence, on la connait depuis plus de deux décennies désormais, et le but du marketing est aussi d’attirer de nouveaux clients.

Et c’est cette question qui a nécessité ce recul : les dernières versions peuvent-elles fidéliser une nouvelle génération de joueurs ? Vous avez 4 heures. Trêves de plaisanteries, on reviendra sur cette question plus tard, mais avant un petit récapitulatif de Couroneige. Oh, et ça va spoiler sévère.

 

I ) Couroneige

 

Si Isolarmure avait laissé coi un bon nombre de joueurs en raison de sa durée de vie limitée et de ses extras peu intéressants, son petit frère propose un catalogue plus fourni. Le challenge n’était pas dur à relever j’en conviens, mais cela reste agréable.

Niveau scénario trois grands arcs sont présents (contre un seul dans le DLC précédent), à savoir l’histoire de Silveroy, la capture du trio d’oiseaux légendaires sous leurs formes régionales, et la capture des golems. Et le constat qui sautera le plus au yeux est bien entendu l’inégalité de développement entre ceux-ci, c’en est à croire que le studio devient frileux à développer ses idées jusqu’au bout, pression de la communauté, manque de temps/budget, ou solution de facilité, libre à vous d’y trouver une raison.

Si l’arc de Silveroy nous présente une narration intéressante en abordant des thématiques novatrices dans la saga, on regrettera que le reste du contenu se fasse de façon bien plus hasardeuse, en n’ayant que quelques lignes de dialogues en guise de fil rouge. C’est d’autant plus dommage que les captures des légendaires ne sont pas ennuyeuses en soit et propose quelques mécaniques novatrices (surtout pour les oiseaux), mais le tout laisse un goût de pas fini, car introduit tel un poil pubien sur la soupe sans autre développement que le fait que ça existe.

Malgré cela, le reste du contenu additionnel mérite un coup d’œil, notamment les expéditions dynamax qui pour le coup offrent un réel challenge pour la capture des légendaires des générations antérieures. Et à choisir, je préfère largement cette nouveauté au mini jeu des ultra brèches de la version précédente qui bien qu’amusant, apportait surtout une grosse dose de frustration en raison de la grosse part de hasard qui était en jeu. Et petit plus, le taux de chromatiques en expédition est de 1/100 si vous possédez le charme chroma (ce qui est assez facile, cf le premier article).

On notera également le retour des jeux de piste pour la capture des mousquetaires, qui contrairement à la version taupiqueur d’Alola est bien plus ludique à mon sens, en plus d’offrir des récompenses plus qualitatives. Enfin un petit mot sur la carte qui exploite mieux la 3d et le coté exploration que les Terres sauvages, et ce dans une zone plus vaste qu’Isolarmure. D’autant plus qu’aucun dresseur sauvage ne sera présent pour nous interrompre. Personnellement j’ai apprécié cette sensation de liberté qu’offre cette absence de PNJ, mais je peux comprendre que cela puisse rebuter certains.

Et maintenant la question qui est sur toutes les lèvres des 3 lecteurs qui restent : Le pass d’extension vaut-il son prix ? la question était en suspens et semblait partir dans une mauvaise direction après Isolarmure, mais force est de constater que Couroneige a su rattraper le tir. Mais cela vaut-il son prix malgré tout ? Meh. Dur de répondre car il faut prendre en compte une donnée non négligeable : on est sur une grosse licence de Big N. et de la même manière qu’une marque vous fera payer son logo, ici l’influence est présente. Donc pour un contenu Big N, c’est relativement honnête, mais au même tarif on trouve un Indivisible ou un Crosscode sur la même plateforme. Bien entendu, on ne peut pas comparer objectivement un studio indépendant et Nintendo. Ne vous inquiétez pas, on va faire comparaison à armes égales.

II) Épée/Bouclier dans leur intégralité

 

Voilà, on y est, et on va parler chiffres. Les versions de la 8G coûtent la coquette somme de 90€. Oui je sais, des packs complets à 80€ sont désormais disponibles. SAUF QUE, lesdits packs ne sont disponibles qu’un an après la sortie officielle du jeu, c’est-à-dire quand la majorité des fidèles ont déjà déboursé le prix fort. Ainsi donc, comme promis on va comparer à un autre jeu d’une grosse licence, édité par un gros studio, possédant un prix similaire, et sorti à une période similaire : j’ai nommé Borderlands 3, disponible sur Steam à environ 100€ avec les deux season pass.

115 € sans les soldes d’automne

Le combat semble inégal, et c’est bien normal, car les deux ne jouent clairement pas dans la même catégorie en terme de contenu et de durée de vie. Et c’est là qu’est l’os. Alors oui, je sais, le public cible n’est clairement pas le même…vraiment ? Comme je le disais en introduction, la licence des monstres de poche n’est plus toute jeune et Big N est bien conscient qu’il y a énormément de joueurs des premiers jours, qui ont vieilli aussi (désolé de vous le rappeler), et qui ont donc l’âge de jouer au FPS futuriste de Gearbox.

Si je devais dire lequel des deux je préfère, la réponse est évidente Borderlands gagne haut la main, et c’est sur celui-là que je vais préférer me replonger en solo ou en multi, et ce en raison des multiples facettes qu’il offre, là ou Pokémon sera plus un passe-temps dans une salle d’attente ou au cours d’un long trajet. Mais est-ce que le fait d’être moins bon que son challenger en fait un mauvais jeu ? Évidemment que non.

Quand on joue à un jeu Pokémon, on sait à quoi s’attendre, la recette est la même et on prend toujours un certain plaisir à retrouver cette saveur que l’on connait pourtant par cœur, un peu comme la confiture à la fraise que mamie nous servait à tous les petits-déjeuner quand on allait la voir. Quelle que soit la génération, aucun jeu n’était le plus beau, le plus long, n’avait le meilleur scénario ou la plus grande originalité. Mais est-ce bien cela que l’on demande ? Sur un coté purement créatif/artistique, cela pourrait en effet se défendre. Mais on ne cessera de le répéter, le but premier est de faire de la BONNE GRO$$E THUNA$$E. Et le système financier et hiérarchique entre Gamefreak, Pokémon Company et Nintendo qui est, disons-le,  bien particulier, ne laisse que très peu de place à la prise de risque.

Ainsi donc, les dernières versions peuvent-elles fidéliser une nouvelle génération de joueurs ? Avant d’y répondre en conclusion, il faut répondre à deux questions préliminaires :

  • Les versions 8G sont-elles bonnes ? Oui, ce sont des bons jeux Pokémon
  • Valent-elles leur prix ? Grosse licence Nintendo oblige, c’est cher pour le contenu proposé

Conclusion :

Le constat n’a pas changé depuis le premier article, Épée/Bouclier ne sont pas les jeux de l’année, mais font ce qu’on leur demande : être des jeux Pokémon. Et cela implique les mêmes avantages et inconvénients depuis plus de vingt ans. Certes la communication autour de ces opus a été catastrophique et c’est surement la raison pour laquelle cette fois-ci cela a plus fait grogner qu’avant (quoi que). Mais malgré cela la grande majorité des joueurs, dont moi, achèteront la prochaine version, parce que mine de rien, on les aime nos petits monstres, et le temps nous a prouvé qu’il fallait du recul à une version pour trouver ses fervents défenseurs, comme en témoigne la 5G.

Et il est temps de conclure en répondant à la question initiale. Un novice qui découvrirait la franchise via cette génération peut-il être enchanté ? Assurément. Rappelons-le, le public cible reste de jeunes enfants, et qui n’aurait pas aimé avoir entre les mains à 8 ans ces versions en 3D et colorées plutôt que nos cartouches monochromes pixélisées ?

Ainsi donc, et en guise d’ultime avis sur ces jeux, disons simplement qu’ils ont rempli le cahier des charges. Ce n’est ni entièrement bien, ni foncièrement mal, c’est simplement ce qu’on lui demande.

Vincent
Vincent

Métalleux, barbu, rédacteur à temps perdu.

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