Vambrace : Cold Soul

 

Dans l’article précédent sur Dex j’évoquais la comparaison avec un autre jeu qui reposait sur des principes similaires, mais qui les utilisait mieux. Vous avez lu le titre, on va parler de Vambrace : Cold Soul (que l’on va abréger en Vambrace pour des soucis de simplicité).

Sorti le 28 mai 2019 sur PC, puis le 28 août 2019 sur console, développé par Devespresso Games et Headup Games, je vais une fois de plus parler de la version Switch (tant qu’à faire autant la rentabiliser, et pour le coup le support était bien adapté).

Avant de commencer, on va mettre au clair un point important. De ce que j’ai pu lire, visiblement Vambrace est très fortement inspiré de Darkest Dungeon sur bon nombre de mécaniques, et se fait donc démolir pour cette unique raison. N’ayant jamais joué à celui-ci je ne ferai aucune comparaison entre les deux. Cependant avant que l’on boude le Vambrace sous prétexte que « c’est un clone », d’une ça serait une raison très futile et un jugement hâtif, et de deux je vous renvoie vers la préface d’un vieil article sur Gods of Rome (les vrais savent) dans laquelle je développais un peu plus en détail ce sujet. Sur ce, on y va.

 

Un monde cohérent

Nous incarnons Evalia Lyric, jeune femme hétérochromique (pas facile de placer ce mot tous les jours, je ne boude pas mon plaisir, en gros elle a les yeux vairons) qui suite au décès de son père et au testament de ce dernier se rendra à Icenaire. Pour se faire, elle est équipée du Brassard d’Ether, une relique lui permettant de briser la barrière de glace, même si elle en tourne de l’œil avant de se faire récupérer par une équipe d’exploration. Voilà pour l’intro puisque la partie commencera à cet instant précis.

Je m’arrête un instant pour un moment coup de gueule. Beaucoup y verront un hasard fortuné et une facilité scénaristique. D’une part, bienvenue dans le monde du jeu vidéo, ça serait vachement plus divertissant de jouer random péon #75696  et cultiver des carottes à longueur de journées. Et d’autre part, et si vous laissiez le temps au jeu de vous raconter son histoire au lieu de l’exiger déjà toute prête avant même de débuter la partie?

Car si notre personnage connait visiblement le monde, nous non, et c’est part son biais et les différentes pages du Codex (l’encyclopédie interne du jeu) que l’on en découvrira plus sur l’univers riche que propose Vambrace. En somme, de l’immersion quoi.

Bref, on continu. Médiéval fantasy oblige, on va retrouver les différentes races propre au genre. Donc en plus des humains, nous rencontrerons les elfes sylvains (ici appelés Sylvanis), les elfes noirs (ici appelés Naziris) et bien sur les nains (ici appelés…nains). Et afin de satisfaire les plus furry d’entre vous, on trouvera aussi les Goupils, des renards anthropomorphes (boom, deux mots scientifiques dans le même article).

Chacune de ces castes se retrouvent à devoir vivre malgré elle dans une paix forcée dans la ville de Dalearch, et c’est en navigant dans celle-ci que l’on apprendra les motivations et tensions qui règnent dans le secteur, montrant ainsi que même chez les « gentils », il y a de fortes nuances de gris.

Nos péripéties nous feront affronter la Flamme Verte, dirigée par le Roi des Ombres, qui comme tout bon méchant veut dominer le monde. L’histoire se divise en 7 chapitres, dans lesquels bah…on en apprendra plus sur le monde, la cohérence se révélant d’elle-même. L’univers est donc classique, oui. Cliché et inefficace ? Loin de là, mais encore faut-il faire l’effort de s’y intéresser.

 

Un jeu qui le cache bien, son jeu

Sans transition donc attaquons le « Comment qu’on joue ». Vambrace est un Roguelike/RPG, style de jeu qui se marie bien avec l’univers dans lequel il progresse (ah bah la voilà ma transition). Le gameplay va se diviser en deux grandes parties.

La première à Dalearch, qui constituera la préparation en expédition. Cette étape n’est pas à négliger car une mauvaise préparation vous mènera vers une mort quasi certaine. Et si la mort de Lyric n’est pas définitive, celle de vos compagnons, elle, l’est. Et oui, c’est la guerre, les gens meurent, et leur équipement disparaît dans la foulée (on reviendra sur l’équipement plus tard).

Deuxième phase, les donjons. Avant d’atteindre un boss il vous faudra traverser 5 lieux propre à la carte en question, dans lesquels vous avancerez de salles en salles. Chaque salle possède un évènement, dont les combats.

Mais avant d’évoquer les combats (et l’équipement), il est important de regarder une fiche de personnage pour passer en revue les différents points.

 

Sur la droite, les compétences. Un compétence de base, deux compétences chargées (plus efficaces mais qui requièrent de l’énergie), et la défense.

Passons maintenant aux statistiques.

De gauche à droite :

  • Santé : diminue quand vous prenez des gnons, si elle tombe à zéro, le personnage meurt
  • Vigueur : diminue lors de vos progressions dans les donjons, si elle tombe à zéro, même punition
  • Combativité : Plus c’est haut, plus ça fait mal
  • Dextérité : Détermine la quantité et la qualité du butin lors des ouvertures de coffres
  • Marchandage : Détermine la quantité et la qualité du butin lors des rencontres avec des marchands
  • Perception : Plus elle est élevée, plus vous aurez de chance d’éviter les (nombreux) pièges dans les donjons
  • Vigilance : Détermine la quantité de Santé et de Vigueur que vous pourrez récupérer lors des campements

Car oui, vous ne pourrez pas vous soigner n’importe quand, mais uniquement dans les salles dont l’évènement est le campement (ce qui en soit semble cohérent de se soigner uniquement dans des endroits sécurisés et non en mode relax en plein milieu d’un combat, mais bizarrement pour ce détail là on ferme plus facilement les yeux quant à la facilité scénaristique), et qui dit Roguelike dit aléatoire, et il se peut que ces salles se fassent attendre (même si en général elles sont assez fréquentes).

Ainsi donc, avec dix classes différentes de compagnons recrutables, les possibilités sont riches et variées afin de créer l’équipe d’expédition optimisée selon votre style de jeu. Tout en sachant qu’au cours de l’histoire, des points bonus seront attribués à Lyric, lui permettant d’augmenter ses stats (et donc moduler votre équipe en fonction de cela).

Chaque personnage pourra recevoir un équipement, permettant ainsi d’augmenter une statistique, mais souvent au détriment d’une autre. Ceux-ci s’obtiennent de deux manières, à savoir le craft de butin et le marchandage. Vous êtes seul décisionnaire quant à quelle voie privilégier. Ceci dit prenez garde à ne pas surcharger votre équipe, ça a des conséquences. L’équipement c’est fait, maintenant parlons combat. La mécanique est simple puisqu’il va s’agir de combat en 4 vs 4 au tour par tour. Petite subtilité cependant : la portée des coups. Il faudra donc être très soigneux sur les placements de votre équipe. Et oui on dirait pas comme ça mais il y a de la stratégie.

On notera toutefois un manque de clarté concernant les statuts et les compétence, rendant obligatoire soit de noter, soit d’apprendre les pictogrammes par cœur. Si le jeu peut effrayer de prime abord quant à toutes les notions à digérer, après un certain temps la prise en main se fera assez intuitivement. D’ailleurs, voici un exemple d’équipe assez efficace pour ceux que ça intéressent (paragraphe à sauter si vous souhaitez éviter le spoil et découvrir par vous-mêmes).

• Tête d’équipe : Scélérat maximisé en dextérité. Sa compétence de base permet de toucher deux ennemis, et la dextérité vous facilitera grandement le craft, et donc l’amélioration de votre équipe

• Deuxième place : Lyric maximisée en vigilance (ce qui amène à 8 au max) et combativité. Soigne grandement pendant les phases de campement, et ses compétences de combats sont toutes utiles

• Troisième place : Mage de Sng maximisée combativité. Permet de gros dégâts à longue portée, donc tous les ennemis

• Quatrième place : Fusilier maximisé perception. Les pièges ne vous atteindront plus, et les compétences de combats sont efficaces

L’équipe fera de gros dégâts, mais ne possède pas de soin, et est inefficace en marchandage.

Bref, si sur le papier la mécanique reste simple, dans les faits il faudra être vigilant pour progresser de façon sécuritaire et optimisée.

L’art au service de l’art

Et on arrive au GROS point fort du jeu, celui qui m’a fait passer l’éponge sur ses petits défauts ( car oui ils sont bien présents), celui qui sublime la cohérence du lore : la DA. Ce jeu est beau. Genre vraiment beau. Les effets de lumières sont réussis, les costumes sont cool, les cinématiques pourront donner des frissons, et oui effectivement les personnages féminins ont des attributs très avantageux, mais encore une fois, bienvenue dans le monde du jeu vidéo.

Les musiques d’ambiances collent très bien aux situations, le doublage est bien interprété, et surtout, surtout, cette patte graphique. Pour faire une comparaison, c’est un peu comme si Lanfeust avait fait une escapade à Winterfell (désolé de ranimer le souvenir des dernières saisons).

Ajoutons à cela que l’interface est des plus ergonomique sur Switch (mais visiblement moins sur les autres supports, ce qui peut expliquer un certain mécontentement), on obtient un jeu très agréable à jouer et surtout à admirer (j’ai littéralement passé 10minutes de béatitude sur l’écran d’accueil).

Et l’équipe avait conscience que le visuel serait leur atout majeur puisque les succès débloqueront des artworks tous plus beaux les uns que les autres. Et devinez quoi, je les ai tous débloqué, opération qui nécessite au minimum trois parties, offrant ainsi une rejouabilité très intéressante. Parce que oui, au cours de l’histoire certains choix moraux se présenteront à vous, ce qui mènera à trois fins différentes, chacune ouvrant une suite. Affaire à suivre de près.

Vous l’aurez compris, j’ai poncé le jeu dans les moindres recoins pour débloquer artworks et tenues (26 tenues différentes quand même), et si le cœur vous en dit je rendrai les images disponible pour la page Facebook pour ceux qui veulent juste avoir des fonds d’écrans (d’où l’importance du bouton capture d’écran de la Switch). Et à chaque partie le plaisir visuel était le même, en sachant que certaines quêtes annexes font des clins d’œil très sympathiques à la pop culture.

Si vous l’avez comprise, c’est que vous êtes vieux

Donc oui, Vambrace vous incitera à l’explorer de part en part, à la manière d’un monstre tentaculaire avec une écolière japonaise (bon ok, elle était peut-être un peu limite celle-là)

Conclusion

C’est normalement à cet instant que vous vous demandez en quoi le jeu est comparable avec Dex. C’est le moment d’y répondre. Bien que les styles de jeu et univers soient totalement différents, les deux reposent sur des principes similaires :

  • Une histoire trame de fond classique, mais efficace
  • Un univers cohérent dans son propos
  • Un direction artistique qualitative

Mais là où Dex semble être un peu avorté, Vambrace est allé jusqu’au bout des choses (suite à des plaintes de joueurs certes, mais justement, l’équipe de développement est à l’écoute de sa communauté).

Malgré mon enthousiasme sur Vambrace, ce dernier n’est pas le jeu de l’année, et cela ne signifie en rien que Dex est mauvais, entendons nous bien, mais encore une fois, il me semblait intéressant de le mettre en lumière

VHDProd pour Shainiiigaming

Vincent
Vincent

Métalleux, barbu, rédacteur à temps perdu.

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