Dex

 

Amis de la dystopie levez-vous et réjouissez-vous : Big N semble avoir enfin décidé d’ouvrir son catalogue vidéoludique à un public plus mature, comprenant ainsi qu’il y a aussi des adultes qui peuvent jouer à une console « familiale ». Ainsi donc depuis le 24 juillet dernier (à savoir la fête de ma maman), Dex est disponible sur Switch, alors qu’il était sorti originellement le 07 Mai 2015 (soit en 38 après Tarja).

Une recette qui marche

Qu’on se le dise, Dex se repose sur beaucoup d’acquis et va rarement prendre des risques. Est-ce pour autant un mauvais choix, non. Jouer la carte de la sécurité pour un bon résultat est à mon sens un choix plus judicieux que vouloir innover et sortir un étron. Ainsi donc Dex va puiser dans des inspirations célèbres et classiques du genre cyberpunk, Blade Runner et Ghost in the Shell pour ne citer qu’eux, mais ça on va en parler plus tard, donc pour une fois on va commencer par le scénario qui ne déroge pas à la règle : classique mais efficace.

On incarne donc Dex, une jeune femme qui vivait une vie paisible jusqu’à ce que son quotidien soit chamboulé par les interventions combinées d’une organisation qui veut sa peau, et d’une intelligence artificielle qui veut la sauver. Ces péripéties l’amèneront au plus profond de Harbor Prime, une ville où le meilleur côtoie le pire. Il sera d’ailleurs intéressant de noter que le niveau de richesse des différents quartiers suit le sens de la lecture. Ainsi donc on retrouvera les quartiers chics avec leurs luxueux buildings, les quartiers chauds où règnent luxure et proxénétisme (en cherchant bien vous pourrez même voir un ou deux boobs), ainsi que les bidonvilles et les guerres de gangs qu’ils impliquent.

Dex étant un monde ouvert  avec une histoire non linéaire, vous serez vite tenté d’explorer Harbor Prime, et rencontrer de fait ses habitants ainsi que les quêtes annexes qu’ils vous donneront. Ce qui me permet de mettre en avant le fait que beaucoup de lieux et de personnages vont s’entrecroiser d’une quête à une autre, rendant les progressions de celles-ci relativement simultanées. Concernant la trame principale, certains choix de dialogues ouvriront des portes différentes, le tout aboutissant à trois fins différentes. La re-jouabilité est donc fortement recommandée pour les maniaques de la complétion.

Or donc, si le jeu de QubicGames et Dreadlocks ne brille pas de part son originalité, pourquoi en parler ? J’y viens.

 

Une ambiance réussie

 

Le gros point fort de Dex, c’est sa direction artistique. Voilà on peut passer au point suivant. Succinct ? Bon bah on va développer un peu alors.

Cyberpunk oblige, les décors seront très urbains et démesurés. Harbor Prime vous dominera par sa grandeur, donnant à l’ensemble une atmosphère relativement anxiogène. Cette sensation d’insécurité sera soutenue par une bande son plutôt discrète, renforçant le sentiment de solitude de votre condition : vous êtes une jeune femme seule dans une ville qui peut vous détruire, bonne chance.

Mais ce n’est pas tout, les séquences cinématiques sont de réelles planches digne d’une bande dessinée, offrant ainsi un fort potentiel de fonds d’écrans. Un petit mot aussi pour les voix très sympathiques, même si en anglais. Mais ne vous inquiétez pas, les textes sont disponibles en français.

Que dire de plus, pas grand-chose, le jeu est beau, bien animé, et si la mayonnaise prend, vous prendrez plaisir à le parcourir sous tous les aspects.

Un projet (trop ?) ambitieux

 

Et on arrive sur le point qui pourra diviser, et pas des moindres. Si Dex vend un gameplay varié, la réalité n’est pas toujours à la hauteur des promesses, je m’explique. Nous sommes dans un RPG, et de fait notre personnage acquerra des compétences au fur et à mesure des montées de niveaux (d’où l’importance des quêtes annexes). Lesdites compétences seront attribuées à votre guise selon la façon dont vous voudrez jouer. Sur le papier ça sonnait bien, mais en pratique il y aura des branches à privilégier lorsque certaines seront plus…anecdotiques. En ce qui me concerne, j’ai privilégié le coté hacking et implants mécaniques (ai-je précisé qu’on était dans un univers cyberpunk ?), et la combinaison des deux m’a permis de rouler assez simplement sur le jeu une fois la prise en main faite.

Si les décors sont variés, le level design lui devient malgré tout assez vite redondant. On avance de plateforme en plateforme, on tue les méchants, on évite les obstacles. On en revient au premier point : recette classique. Le jeu alternera cependant avec des phases plus proches du shoot‘em up (shmup pour les intimes) pendant les phases de hacking.

Mais dans une phase comme dans l’autre, le jeu va souffrir de son ambition. Puisque le monde est ouvert et non linéaire, la difficulté des ennemis est fixe. Or vous allez progresser, résultat, la courbe de difficulté…est décroissante. La boulette.

Ajoutons à cela que la mort sera très rarement punitive puisque des sauvegardes automatiques ont lieu à chaque changement de tableau (avec des temps de chargements étonnement longs), et qu’un ennemi mort reste mort. La porte ouverte aux ruses malgaches.

 

Conclusion

 

Dex n’est pas le jeu du siècle. Il n’est pas non plus mauvais. Il va juste souffrir d’une ambition trop grande qui aurait nécessité plus de budget pour être concrétisée. Cependant il bénéficie d’une ambiance qui ravira les amateurs du genre cyberpunk, le tout au service d’une histoire certes classique, mais efficace. Un ovni qui méritait une petite attention, la chose est faite.

Autre raison, il me semblait important d’en parler afin de servir de prémices pour le prochain jeu que j’aborderai. En effet, bien qu’ils reposent sur des univers et des mécaniques totalement différentes, ces deux jeu peuvent être comparés sur paS mal de points, à la différence que l’un des deux fait mieux le travail. Lequel ? Affaire à suivre…

 

VHDProd pour Shainiigaming

Vincent
Vincent

Métalleux, barbu, rédacteur à temps perdu.

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