Quelqu’un a demandé un challenge ?

 

Au cours de l’existence d’une personne il se peut que certains évènements nous poussent à adopter un regard différent sur des opinions que l’on considérait comme assises. Une série de questionnements pouvant remettre en question des concepts qui paraissaient pourtant évidents, et qui si la méditation se prolonge peut amener à la problématique suivante : Quelle est la place de l’Homme dans la nature?

On m’indique dans l’oreillette qu’il y a eu erreur, voici donc la vraie problématique : De combien de jeux différents vais-je réussir à parler afin d’illustrer le test qui va suivre. Ce qui n’a aucun rapport avec le préambule, et si vous avez la référence à ce gag, c’est que vous êtes vieux.

 

Or donc, je vais me pencher sur un jeu qui m’aura donné du fil à retordre, mais plaisant dans sa manière de torturer mentalement. Ai-je fais un premier pas dans le monde tout de noir vêtu, de cuir et de latex du SM ? Vidéoludiquement j’y suis depuis un moment je pense, merci Ghouls ‘n Ghosts. Bref, on diverge (et ça fait du monde ça).

Les Roguelite faisant partie des styles de jeu que j’affectionne, il était cohérent que Star Renegades me fasse de l’œil, et en bien comme en mal, on peut dire que je n’ai pas été déçu, donc accrochez-vous à vos sièges, on va traverser des galaxies.

I Un jeu riche

 

Notre histoire se passe dans une galaxie (surement très lointaine) menacée par l’Imperium qui comme tout bon méchant qui se respecte veut dominer le secteur. Sauf qu’ici c’est une méchante puisque l’antagoniste principal se fait nommer « Mère ». En tant que gentil rebelle (ou renégat, d’où le titre), notre rôle sera d’éviter que cela se produise, sauver le monde, la veuve, l’orphelin, et les miches de la crémière. Si sur le papier ça sonne simple, la chose ne sera pas aisée, Roguelite oblige (ce qui n’a pas été sans me rappeler mes longues sessions sur Lost Castle). Mais nous aurons le loisir de parler de la difficulté de la tâche plus tard.

En guise d’avatar pour le joueur que nous sommes, un petit robot nommé J5T-1N qui possède une capacité fort pratique pour le scénario : voyager à travers les dimensions. Ainsi donc, lorsque nous perdons une partie (et ça va arriver souvent), nous nous enfuyons dans une autre réalité dans laquelle l’Imperium n’a pas encore assouvi son funeste dessein, afin de réessayer de le renverser avec le bénéfice des parties précédentes. Et ainsi de suite.

Nous évoluons dans des décors très sympathiques, pour peu que l’on aime le pixel, mais force est d’admettre que c’est agréable de voir de la bonne vieille 2D pixelisée, mais maitrisée, dans une conjoncture où l’on juge un jeu uniquement au fait qu’il soit ou non en 3D photoréaliste et tout le gratin, quitte à l’acheter sur une console non adaptée à ce genre de performance (Cyberpunk 2077, celle là elle est pour toi, c’est gratuit et ça me fait plaisir). D’autant plus que le jeu parvient quand même à varier ses décors et nous retransmettre une vraie impression de SF. On aime ou on aime pas le style , mais la performance reste à saluer.

Et pour mieux nous immerger, Star Renegades propose une bande son qui fait bien le boulot. Elle n’est certes pas mémorable et il y a très peu de chance que vous en sifflotiez un air, mais dans l’ambiance du jeu, ça passe crème, et c’est quand même le but premier de la chose.

On a enfin défini le cadre, mais comment on joue en soit ? Le jeu se présente sous la forme d’un RPG avec des combats au tour par tour, à la manière d’un bon vieux Final Fantasy, mais avec une mécanique en plus qui va faire tout le piment des affrontements : un système temporel. Mais on va développer plus en détails les aspects techniques du gameplay dans la prochaine partie, parce que croyez-moi, c’est un beau bordel vu de l’extérieur.

 

 

II Mais dur à digérer

 

La meilleure façon de démêler une pelote, c’est de tirer délicatement sur les fils, et ici nous avons affaire à un bon gros nœud. Donc on va commencer par revenir sur l’information précédemment évoquée : le système de combat. Chaque tour se voit affublé d’une unité temporelle, et selon la nature de votre attaque, celle-ci prendra plus ou moins de temps à être effectuée. En somme, une sorte d’ordre d’initiative (Comme dans l’Amulette du Destin pour ceux qui me suivent sur le YouTube game).

Oui mais non, c’est plus subtil, car si vous attaquez avant un ennemi, vous lui infligerez des effets critiques, parmi lesquels du décalage temporel, qui comme son nom l’indique va décaler son attaque dans l’unité temporelle du tour. Et pour peu que vous lui en fassiez accumuler suffisamment, vous pourrez lui infliger l’effet de retardement, ce qui va tout bonnement lui faire sauter un tour. Et ce genre d’opportunité n’est pas à prendre à la légère, n’importe quel joueur stratégique de Pokémon vous le confirmera.

Ainsi donc, il faudra réfléchir avec parcimonie et à bon escient à chaque action à effectuer avec chacun des membres de votre équipe. Si celle-ci ne comporte que 3 membres au début de la partie, au fur et à mesure de votre progression vous en aurez 5 à gérer, ainsi qu’une toute petite subtilité de rien du tout qui viendra s’ajouter : la formation. Car selon vos attaques, vous ne pourrez pas toucher n’importe qui, ce qui rendront délicates certaines réflexions.

Et concernant les attaques, le panel de celles-ci s’élargira à mesure que vos personnages monteront de niveau. Mais attention, la montée de niveau ne se fait pas via une jauge à remplir, ça serait trop simple, que nenni mon brave, il vous faudra dépenser des points d’ADN récupérables après chaque combats (Comme les capacités dans Werewolf, oui j’ai réussi à le caser). Et bien entendu, le coût augmente avec chaque niveau. En parlant de ressources, il vous sera aussi possible de gagner de la thune, et certains combats permettront l’ouverture de coffres, qui dit coffre dit loot, qui dit loot dit Missa et sa poêle à frire, mais là je m’égare.

Donc oui, il y a du butin dans le jeu, avec un système de rareté : Blanc pour les communs, Vert pour les peu communs, Bleu pour les rares, Violet pour les très rares, et Orange pour les légendaires. Un système qui n’est pas sans rappeler un certain Borderlands, au moins on est en terrain connu. Vous pourrez équiper jusqu’à 3 pièces par personnage, mais la nature de ces pièces dépendra de la classe.

Justement, parlons-en de ces classes. Au fur et à mesure de vos parties, vous pourrez en débloquer certaines via des points de technologies et de renseignements, mais pour d’autres le système sera plus…subtil, et il me faut parler plus en détails du déroulement d’une partie (j’avais prévenu que c’était un gros morceau).

On commence donc la partie en choisissant 3 personnages parmi ceux disponibles en début de partie, et on va évoluer entre 4 planètes. À la fin de chacune vous pourrez recruter un membre de plus et dépenser votre argent en loot, ça c’est simple. Et entre les deux vous allez vous retrouver sur une carte découpée en différentes zones. Pour accéder à une zone, il faudra utiliser une charge de J5T-1N, qui en possède 3 (un peu le même système que des jeux mobiles style Gods of Rome, en gros). Quand la dernière est utilisée, la nuit tombe, et à la fin du troisième jour le gros méchant pas beau apparait, offrant un combat de boss ardu.

Et quand la nuit tombe, vous campez, ce qui permettra l’utilisation de cartes, qui encore une fois sont propres à la classe des personnages. Chacune apportera des bonus à plus ou moins long terme, mais toutes ont un effet commun, elles créeront des liens de sympathie entre les membres qui interagissent, comme dans Fire Emblem : Three Houses. Chaque palier de sympathie, représenté par un cœur jusqu’à un maximum de 3, apportant des bonus fixes, en plus de débloquer des attaques combinées. Mais pour certains personnages, il vous sera possible d’avoir un quatrième petit cœur, dont l’effet sera ni plus ni moins la naissance d’une progéniture. Oui, vous pouvez faire copuler vos membres d’équipe tel des Sims dévergondés, et selon le couple, la possibilité de débloquer une nouvelle classe.

Voilà, on a enfin déblayé le terrain pour appréhender le jeu. C’était trapu, oui, mais à l’image du jeu.

III Et à ne pas mettre entre toutes les mains

 

Et on arrive enfin au point qui va diviser : la difficulté. Finir ce jeu ne sera pas une mince affaire tant chaque aspect de son gameplay est aussi délicat qu’important. Le choix de l’équipe est crucial, car une synergie des rôles est indispensable, la répartition du butin et des points d’expérience le sera tout autant, car privilégier l’évolution d’un seul membre de l’équipe est une stratégie vouée à l’échec. En temps normal on parle de courbe de difficulté, ici on y ajoute un palier à chaque planète, transformant tout personnage en poids mort s’il n’est pas à niveau.

La gestion de vos tours sera décisive, et la barre d’unité temporelle sera la priorité. Moins vos ennemis vous attaquent, moins vous prenez de dégâts, car le soin est une denrée rare dans cette galaxie. Il faudra aussi gérer les différentes barres de vie et leurs effets (santé en rouge, bouclier en bleu, armure en jaune, coucou Borderlands…encore), et si d’aventure un de vos troupiers venait à tomber au combat, seul son bouclier sera régénéré, le rendant aussi utile qu’un fer à repasser en attendant le prochain soin.

Et pour ce qui de ce point, les meilleures options restent les effets de certaines cartes et les bornes de soin. En sachant que l’utilisation des premières coûte des points pendant les phases de campement, points qui sont bien entendu limités, et que les bornes sont au nombre ahurissant de une par planète. PAR PLANÈTE ! Et encore pas tout le temps.

Parce que oui, cerise sur le pompon, l’aléatoire viendra fourrer son nez dans l’obtention du butin, du positionnement des ennemis et des interactions sur la carte, de l’apparition ou non de zones bonus (qu’il n’est pas toujours bon d’explorer), mais aussi et surtout des personnages recrutables après victoire de boss, vous obligeant à adapter votre stratégie avec ce que vous avez. Ajoutons à cela des mécaniques obscures pas forcément compréhensibles (je ne sais toujours pas ce qu’est la promotion des équipements, pas faute d’avoir essayé, et le laboratoire robotique bug si on achète toutes les recherches), et on obtient une difficulté qui va mettre à l’épreuve votre combativité.

Dur oui, mais pas désagréable. La sensation de progression est présente à chaque partie, et la création de vos équipes frôlera le jeu de stratégie/réflexion, car la partie peut basculer au moindre faux pas dans un tour. Après presque 1500 heures sur Civilization 5, inutile de dire que j’aime la réflexion au tour par tour.

Et histoire de se renouveler, si par miracle vous arrivez à venir à bout du dernier boss (il m’aura fallu environ 100 heures de jeu pour ça…en mode facile…), une des classes qui y sera parvenue sera mise sous verrou, et donc inutilisable jusqu’à la prochaine victoire. Oui, on revoit toute la stratégie à partir de zéro et on recommence. Mais rassurez-vous, cette difficulté est voulue si on en croit les petits easter eggs après une victoire, à vous de les découvrir.

 

Conclusion :

 

Il s’en serait fallu de peu pour que Star Renegades rentre dans le cercle des jeux indés cultes. Un peu plus de clarté sur certains aspects, un tutoriel plus détaillé, et des animations un peu plus lisibles durant les combats. Malgré tout le titre reste excellent, et bien que sa difficulté va en refroidir plus d’un, ce n’est en rien son pire défaut. D’ailleurs à propos de la difficulté dans le jeu vidéo, Missa nous mitonne un petit articles aux oignons, vous m’en direz des nouvelles (mitonner, oignons, poêle à frire, vous l’avez ?).

Et enfin pour répondre à la question : 12

 

VHDProd. pour Shainiiigaming

Vincent
Vincent

Métalleux, barbu, rédacteur à temps perdu.

Nous sommes en direct !
Actuellement hors ligne
Shares
Share This