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Disponible : PC/PS4/Xbox One/Switch

Editeur : Bandai Namco

Testé sur PS4 pro

Date de sortie : 11 Janvier 2019

Une petite précision avant de commencer 

Je n’ai absolument rien contre les « reboot », « remastered » et toute autre façon de dire « On reprend du vieux pour en faire du neuf afin d’en faire profiter tout le monde » (et au passage, de s’en remettre un peu plein les poches à moindre coût). C’est une bonne idée de remettre au goût du jour un grand classique et de se dire que les nostalgiques auront envie de retenter l’expérience ou de tenter de séduire les plus jeunes qui voudront voir ce que ça pouvait donner. Et donc, pour fêter les dix ans de la sortie du dernier épisode des « Tales Of… », Namco s’est dit qu’il serait judicieux de surfer sur la vague du « vintage » actuel et de rééditer ce classique de 2008 sur Xbox (2009 sur PS3).

Est-ce réellement une bonne idée ? Pour le cas qui nous intéresse aujourd’hui, mon humble avis est : clairement non ! Avant de vous expliquer pourquoi, je vais prendre l’exemple un peu plus récent d’un « remastered » qui en valait la peine. « The Last Of Us », ce magnifique jeu sorti sur la PS3, qui était alors en fin de vie mais dont les développeurs maîtrisaient totalement la technique à l’époque et qui avaient donc sorti un bijou des tripes de la machine. Dès la sortie de la PS4, le titre a eu droit à sa version sur la nouvelle plateforme. Est-ce que ça en valait la peine : oui ! Et ce, pour deux raisons. La première, c’est que le jeu était, dès lors, plus joli, plus fluide et que quelques adaptations de gameplay liées à la nouvelle manette l’avaient rendu encore plus jouable. La deuxième, c’est qu’il aurait été dommage que ce jeu rate une manne énorme de gamers vu qu’il sortait d’abord sur une console de la génération précédente.

 

Photo de famille…

 

La réédition de Tale Of Vesperia, autant vous le dire tout de suite, n’en vaut pas la peine. En tout cas, pas sous cette forme. Pourquoi ? Et bien parce qu’aucune adaptation n’a été faite au jeu ! Absolument aucune ! Namco s’est contenté de copier-coller leur jeu de 2008 sur les plateformes actuelles (en fait, c’est la version PS3 qui a été copiée étant donné qu’elle permet de jouer deux personnages de plus mais bon…). Alors, vous allez me dire que ça part surement d’un bon sentiment, histoire de garder l’essence même du jeu de l’époque. Mais, à mon sens, et aux vues des techniques du jeu vidéo actuellement, j’ai du mal à croire que ce genre de titre ait encore sa place sur nos plateformes et je me demande vraiment qui est le public ciblé. Bref, maintenant qu’on a passé cette très longue introduction, et pour ceux qui voudrait quand même savoir « kesskeucécejeu », dirigeons-nous joyeusement vers le test proprement dit.

L’histoire

 

Bon, c’est vrai, c’est joli… Pour un jeu qui a 10 ans…

 

Tales Of Vesperia est un pur RPG, dans la lignée des Final Fantasy. L’histoire se déroule sur Terca Lumeiris où une substance nommée AER est à la base de toute forme de vie. Et de la vie, il y en a sur Terca, qu’elle soit humaine ou monstrueuse. D’ailleurs, les humains peuplant ce monde ont beaucoup de mal à cohabiter avec les monstres qui pullulent un peu partout. Ils se sont donc, pour la plupart, confinés dans des villes protégées par ce que l’on appelle des « Bastia », sorte de barrières alimentées par un noyau en forme de bijou. Vous incarnez Yuri Lowell, un chevalier impérial démissionnaire pour cause de mésentente totale avec le pouvoir en place. En gros, un gentil combattant qui n’aime pas du tout la façon dont la haute société traite les plus démunis. Et donc, vous passez votre temps à aider votre prochain, et ça, c’est beau ! L’histoire débute lorsqu’un sale mioche vient vous réveiller en pleine sieste lorsqu’un gentil petit garçon vous appelle à la rescousse car la fontaine de la ville basse de Zaphia (comprenez : le quartier des pauvres de la capitale de Terca) est en train d’inonder toutes les rues. En examinant la fontaine (qui est en fait un Bastia dont je vous parlais plus haut), vous remarquez que le bijou a disparu. On vous explique alors que le dernier à avoir été vu près du Bastia est un nommé Mordio, un habitant de la ville haute (comprenez : le quartier des nobles de Terca). Ni une, ni deux, vous vous lancez à la poursuite de ce mécréant, bien décidé à lui demander ce qu’il a fait de l’objet, et à grands coups de baffes dans la tronche si besoin.

Voilà, le décor est planté… Vous êtes parti pour une longue aventure qui devrait, en fonction de votre motivation, vous prendre 150 à 200 heures de jeu. Oui, Tales of Vesperia est très long, le scénario est bien ficelé et vous en avez pour votre argent à ce niveau-là.

And now, ladies and gentlemen, les côtés négatifs du remake…

Franchement, je ne sais pas par où commencer. Allez, hop, disons : les graphismes ! la version proposée ici a donc été mise à jour pour une nouvelle expérience de jeu digne de nos machines actuelles sans toucher aux magnifiques images de l’époque. Dans cette phrase, seule la dernière partie est vraie ! En effet, on est toujours dans cet univers purement manga, très joli, très fun, très mignon avec des personnages bien dessinés, avec leur longues mèches de cheveux, leurs grands yeux… On se croirait au milieu des cosplayeurs à l’entrée de la Made in Asia  . Mais pour ce qui est de la mise à niveau… Heuuu ? Comment dire ? Alors oui, les textures ont été améliorées mais pour le reste… Je ne vois pas grande différence avec la version 2008.

 

À gauche, la version remastered. À droite la version 2008 (à moins que ce soit l’inverse, je ne sais pas)

 

Point suivant, le gameplay. Comment rester réaliste sans devenir moqueur ? J’ai envie de vous dire que ce dernier est comme le reste du jeu, c’est-à-dire : dépassé ! La prise en main est fastidieuse si on la compare à ce que les sorties actuelles peuvent nous proposer. Mais bon, une fois remis de la surprise, on s’en sort. Les combats vont, eux aussi, être plutôt compliqués au début. Et ce, pour la même raison : les contrôles sont horribles ! Enfin non, pas horribles… Juste « vieux ». Vous pourrez, comme dans tout bon RPG, faire évoluer vos personnages. Au gré de votre aventure, vous collectionnerez des skill point que vous pourrez dépenser dans vos différentes skills afin de devenir plus beau, plus grand, plus fort ! (Mais toujours aussi chiant à contrôler).

Allons-y pour l’environnement de jeu… Tel que c’était un peu l’habitude il y a dix ans pour ce genre, les décors sont en 3D fixe et les joueurs et PNJ y sont relativement bien incrustés. Mais, une fois de plus, au lieu de rebalancer le jeu tel quel, pourquoi ne pas avoir passé un peu de temps pour ne pas bloquer le joueur au bord d’un escalier de trois (TROIS !) marches qu’il ne peut pas franchir en sautant ? Pourquoi ne pas avoir bêtement ajouté quelques lignes de codes pour qu’un personnage ne soit pas bloqué au bord d’une route et qu’il ne puisse même pas monter sur le trottoir ! Et des exemples comme ceux-là, je peux vous en faire une sacrée liste. Vous allez dire que je pinaille, que ça n’enlève rien au plaisir du jeu mais… M’enfin zut quoi ! Ces petits détails pouvaient être acceptables à l’époque. Plus en 2019…

 

Bastoooooooooooon !

 

Bon, soyons un peu positif. Les combats, qui, comme dit plus haut, sont légèrement fastidieux à prendre en main au premier abord, deviennent sympas et rythmés une fois quelques-unes de vos skills débloquées. Ils se déclenchent automatiquement lorsque vous approchez un peu trop près des ennemis. Petite fonctionnalité sympathique, si vous déclenchez un combat et qu’un autre ennemi se trouve à proximité, il viendra se joindre à la baston après quelques coups. Rajoutez à cela des combos, des coups fatals, et des petits défis à réaliser en combat. C’est très sympa mais vous devrez vous y reprendre à plusieurs fois si vous voulez maîtriser les personnages.

 

Ca fait plein d’effets de lumière, donc ça doit bien faire mal

 

On va terminer par dire que le jeu est disponible, au choix au tout début d’une partie, en anglais ou en VO (japonais), à votre meilleure convenance. Les sous-titres sont, eux, en français. Donc, si l’envie vous prend de (re)faire tout le jeu en mode « Anime », c’est possible et c’est quand même chouette.

Conclusationnage

Je vais certainement me faire lyncher par toute une communauté qui est restée fan de ce genre de jeu. Et je le mériterais amplement… Mais je reste sur mes positions : c’est dépassé ! Et quand bien même on peut saluer l’idée de vouloir rééditer un jeu qui, il faut le préciser, était excellent lors de sa sortie, encore faut-il le faire d’une bonne manière. Se contenter de le republier sans rien y changer n’est, à mon sens, pas judicieux et ne pourra, dès lors, ne plaire qu’aux puristes. Je crains fort qu’en l’état, ce jeu ne puisse pas attirer de nouveaux adhérents tant la prise en main et les techniques utilisées sont obsolètes en rapport à ce qui existe actuellement. Et pour en remettre une couche, je suis scotché quand je vois le prix auquel il est proposé : 37€ ! (Pour la version PS4) Je vous laisse seule juge…

Et donc, pour me conformer à notre nouvelle façon de noter nos tests voici :

Les +

  • Jeu fidèle à l’origine (pour les puristes)
  • Les combats sympathiques
  • Le choix entre l’anglais et le japonais
  • Les textures améliorées
  • Le scénario prenant et bien ficelé

Les –

  • Jeu fidèle à l’origine (pour moi  )
  • Une prise en main fastidieuse
  • Un gameplay dépassé
  • Aucune mise à niveau du jeu en rapport aux techniques actuelles
  • Le prix !

 

 

JARIC