TEST : Sonic Mania

Date de Sortie : 15/08/2017

Disponible sur : Switch, PS4, Xbox One, PC .

Bon sang que c’est bon d’enfin retrouver ce bon vieux Sonic ! Car depuis « Sonic & Knuckles » sur Mega Drive, notre pauvre hérisson bleu s’est égaré en ratant sa transition de la 2D à la 3D. « Sonic Générations » a voulu renouer ce fossé avec un trou de ver qui rapprocherait ces 2 espace-temps, mais cela n’a pas été suffisant jusqu’à ce qu’un fan de la licence s’en mêle…

 

Renaissance du Phoe… heu… du Hérisson

Christian Whitehead c’est son nom ! Cet originaire de Melbourne en Australie, est un grand fan de la mascotte de Sega depuis sa tendre enfance (tout comme moi d’ailleurs) et après avoir vu s’aligner les uns après les autres les essais désastreux de redorer la popularité de cette petite boule bleu qu’est Sonic, déjà à l’origine du prototype de « Sonic CD » sur iPhone, mais aussi de différentes adaptations des titres de Sonic sur mobile, il décide de créer un titre original pour les fans retournant aux sources de la 2D grâce à son moteur Retro Engine.
C’est un moteur régressif depuis la génération
32 bits. Contrairement aux moteurs modernes qui se préoccupent des shaders, des tesselles ou bien des jeux de lumière, le Retro Engine est concerné par les effets de trame, les palettes de couleurs, du mode 7… en gros, toutes les petites subtilités de la 2D sans les contraintes hardware de l’époque. En plus de ça, pour faciliter le travail des développeurs, il a créé le RSDK, un kit de développement idéal pour les jeux nécessitant une touche vintage et, s’il vous plait, multiplateformes, autant consoles, PC/Mac que mobiles. Se rapprochant de Sega et notamment de Takashi Iizuka, leader actuel de la Sonic Team, Christian Whitehead avec l’aide des studios Headcannon et PagodaWest, construit ce qui sera un vrai régal pour le fan inconditionnel du hérisson bleu car Sonic Mania, je préfère être clair d’emblée, turbopoutre sa maman !!

Speed Demon

C’est depuis juillet 2016 que les fans bavent devant les petits trailers émiettés tout au long d’une bonne année et Sonic Mania tire sa popularité grâce aux multiples références des titres cultes de la Mega Drive. Jouant sur la fibre nostalgique, le joueur va retrouver l’inertie et la vitesse d’antan et les sensations de l’ère 16 bits. L’équipe a eu la bonne idée d’incorporer des stages issus des anciens titres (même si je ne suis pas complètement d’accord avec certains choix) avec une refonte graphique mais aussi des petites touches rajoutées qui rappellent d’autres anciens stages ou des easters eggs se reportant à d’autres jeux comme Puyo Puyo, Street of rage ou Daytona USA. Mais on retrouve aussi la reprise de certains sons sur des portages comme la Master System ou la Game Gear. Le gameplay est aussi respecté avec des petits ajouts qui s’intègrent parfaitement, comme la possibilité de porter Sonic avec l’aide de Tails (Il fallait brancher une 2e manette sur Mega Drive pour pouvoir le faire) ou le Drop Dash qui permet d’accélérer en sortie de saut. Comme pour Sonic 3 et Sonic & Knuckles (qui tout le monde le sait, sont en fait un seul jeu), nous pouvons jouer avec Sonic & Tails, Sonic, Tails ou Knuckles, qui pour ces 2 derniers, change complètement l’expérience de jeu grâce au pouvoir de voler pour Tails et la capacité de grimper et casser des murs ou planer pour Knuckles. Ainsi, on peut redécouvrir des zones impossibles à atteindre avec Sonic. On a également comme pour Sonic 2, la possibilité de refaire les stages en mode course avec l’écran splitté comme à l’époque ou seul contre la montre.
On applaudit le choix des bonus stage de
Sonic CD et Sonic 3 & Knuckles (je vais le citer comme ça) même si j’aurais préféré le bonus stage de Sonic 2 avec le fameux toboggan. Le respect des titres précédents va jusqu’à la conservation du scrolling ! En effet, j’adorais jouer le 1er stage de Chemical Plant où un enchaînement de pentes et de loopings faisaient filer Sonic à une vitesse fulgurante jusqu’à dépasser le scrolling et sortir de l’écran ! J’avais toujours l’impression que Sonic allait sortir du côté de ma TV (Oui, on est candide, enfant…) et il fallait attendre 1s ou 2 avant que le scrolling revienne recentrer Sonic à l’écran. Et donc, des années plus tard avec Sonic Mania, ça fonctionne également ! M’esquissant un petit sourire en coin en repensant à ce souvenir d’enfance et c’est exactement la quintessence de ce Sonic Mania : raviver le joueur avec ces moments d’antan et de complicité avec Sonic.

Futur past

Au fil du jeu, on s’aperçoit de l’excellent job du Retro Engine de Whitehead ! Le rendu HD est magnifique et haut en couleurs. L’animation de nos héros est excellente avec un rendu bluffant et tellement fluide que l’on ne peut que constater que Sonic Mania appartient à la next gen. Impossible de voir ça sur la bonne vieille 16bits de Sega. Loin des contraintes du hardware, l’équipe s’est lâchée, apportant tout son amour pour Sonic, et on le constate dans les nouveaux décors incorporés qui intègrent bien l’univers du hérisson bleu, mais aussi dans les musiques, que ce soit dans les anciennes compositions remixées ou les nouvelles, c’est un plaisir pour les oreilles, on ne peut qu’apprécier le talent de Tee Lopes.
Enfant, on en a rêvé, aujourd’hui ils l’ont enfin fait ! Cette magnifique introduction en animé avec ce design japonais très léché et kawai qui met des étoiles dans les yeux à n’importe qui la visionnant. Malgré tout l’amour et le soin apporté pour créer Sonic Mania, on peut quand même constater des petits défauts de level design sur les nouveaux stages et notamment un dernier niveau qui aurait pu être plus recherché. On se rend bien compte qu’un stage de Sonic ne se fait pas à la légère et que c’est extrêmement difficile que tout soit rationnel et logique. Les transitions entre les niveaux ne sont pas toujours cohérentes voire inexistantes. Je pense à l’intégration d’Hydrocity qui donne l’impression d’avoir été mis là entre Stardust Speedway et Mirage Saloon parce qu’il fallait le mettre quelque part. En effet, on est en haut d’un gratte-ciel, on tombe dans Hydrocity pour ensuite se retrouver sur l’avion de Tails. Avec la liberté que l’équipe a eue, on aurait apprécié une petite séquence de transition entre ces 3 niveaux. On remarquera aussi une perte d’inspiration pour certains boss dont le game design est un peu brouillon. Ces petites imperfections n’entachent en rien l’expérience du jeu et dans sa globalité, Sonic Mania reste un excellent hommage à la mascotte de Sega. Malgré le fabuleux collector, on regrette une version physique de cet excellent Sonic Mania.

En Conclusion

Christian Whitehead et les équipes de Headcannon et PagodaWest, peuvent être fier de Sonic Mania avec son animation exceptionnelle, son design oldschool, ses couleurs chatoyantes qui vont faire vibrer la fibre nostalgique de tous les fans du petit bolide bleu, mais aussi fera découvrir la mascotte de Sega aux plus jeunes. Merci à eux de nous permettre de renouer avec notre hérisson préféré et de vivre ces nouvelles aventures !

 

Test réalisé sur la version PS4 par DAGETA