TEST : Senran Kagura Burst Re:Newal

Date de Sortie : 18/01/2019

Disponible sur : PC, PS4 .

Lors de mon test sur le dernier opus de cette licence, j’avais évoqué sa naissance sur la petite portable de Nintendo en territoire Nippon. En effet, développée par Tamsoft et publiée par Marvelous Entertainment, la Licence Senran Kagura a commencé sur 3DS en 2011 avec un titre axé sur du Beat’em all en 2D. Voici donc un remake de ce titre sur PS4 et PC grâce au succès du Shinovi versus sorti initialement sur Vita et PS4. Les fans européens vont donc pouvoir s’imprégner de l’histoire initiale où tout a commencé pour nos chères ninjas sexy.

 

     

 

Retour aux sources

Nous sommes donc au tout début de la série où l’histoire relate la confrontation des deux écoles ninjas, Hanzô et Hebijo. Comme les deux facettes d’une pièce, chacune de ces écoles a un parti pris. Hebijo forme leurs ninjas, pour des missions machiavéliques et malsaines pour le compte de partisans politiques sans scrupules et des entreprises douteuses, de façon illégale allant du vol jusqu’à l’assassinat, ce sont les « Akinin » ou « ninja du mal ». À l’opposé, Hanzô forme des « Zennin » ou « ninja du bien » qui ont pour mission de déjouer celles de leurs rivaux.

L’histoire explore le background des personnages d’une façon très profonde, avec notion très sombre et à la fois très précise, surpassant intelligemment l’opposition bien/mal de la base. Sur un support textuel très prisé dans les visual novels à la sauce nippone et malgré le côté burlesque de la mise en scène, Senran Kagura Burst Re:Newal traite de sujets habituellement moins jovials comme la vengeance familiale ou le rejet des autres, comme un yin-yang l’un ne va pas sans l’autre et donne une harmonie parfaite à la narration. On pourra remarquer que Marvelous avait tenu à soigner le background et la narration de cette licence pour attirer de manière intelligente les futurs fans possesseurs de 3DS en 2011 sur le sol nippon.

 

     

 

Remake me up !

Malgré un retour aux sources expliquant les arcanes de la licence, le fan moyen attend en général une grosse mise à jour graphique pour en mettre plein la vue au joueur habitué aux performances de sa PS4 et c’est un des points noirs de ce remake.

On note un effort de tout mettre à la 3D, sans être convaincant, car les filles malgré quelques exceptions sont sculptées sur le même modèle de polygones en exagérant trop sur les parties charnues des demoiselles (on est loin du design de Peach Bleach Splash qui était plus harmonieux), mais également les défauts de la 3DS qui reviennent au galop lorsque l’on a des plans rapprochés. On rajoute à ça les déroulés textuels interminables déjà présents sur la version 3DS. Malgré tout, on peut jouir timidement de petites cutscenes ci et là, mais rien de transcendant. C’est dommage pour un titre où le plan visuel est primordial, je ne vous fais pas un dessin. On aurait voulu un remake plus riche en illustrations et une refonte des polygones plus basée sur les traits du dernier titre en date.

Malgré tout le contenu est présent, on peut suivre deux arcs complets, un pour chaque école illustrée dans ce titre réparti sur cinq chapitres. Encore une fois, le titre est repris tel quel sans aucune amélioration dans ce cas-ci, donnant plus l’impression de jouer à un visual novel entrecoupé de phase beat’m all que l’inverse. Ce n’est pas choquant en soi sur console portable, mais pour une console de salon, c’est pesant et on se lasse vite de la narration qui est pourtant très intéressante si l’on s’y attarde. Néanmoins, le chapitre final est quand même plus travaillé où le combat final entre les deux protagonistes principaux est bien mis en valeur avec une musique épique et une belle mise en scène.

 

     

 

Joute sexy

Malgré ce petit manque visuel, on retrouve tous les ingrédients qui ont fait le succès que l’on connait de la saga. Soit des filles sexy, une boutique pour changer un peu les accoutrements habituels de nos héroïnes en passant par le dressing, des missions randoms pour augmenter le niveau de votre ninjette favorite et surtout un gameplay béton.

En effet, on retrouve plus ou moins le gameplay des autres opus, même si j’ai encore du mal à sortir les combos finaux habituels qui sont ravageurs pour la tenue de votre adversaire. Forcément ! Puisque dans ce titre, qui est le premier (à bien se mettre en tête), on a déjà les prémices d’une action rapide et d’un système de combos nerveux basé sur deux boutons qui se complexifiera par la suite. En revanche dans ce titre tout est basé sur le contre et la contre-attaque, jusqu’à nous montrer graphiquement l’ampleur et la direction des attaques ennemies pour nous mettre en alerte à la contre-attaque. Chose qui se perdra au fil des titres et nous montre bien que ce remake prend en compte le gameplay d’origine qui deviendra par la suite plus complexe. Une autre originalité de Senran Kagura Burst Re:Newal est, comme son nom l’indique le Burst. C’est une jauge qui se remplit en fonction des coups donnés comme reçus. Une fois remplie, nous pouvons déclencher une attaque dévastatrice très pratique pour finir les boss et les mettre à nu, mais aussi pour les groupes d’ennemis un peu trop collants. Malgré tout, Senran Kagura Burst Re:Newal reste un remake et les problèmes de caméra gâchent profondément la refonte de ce titre. La caméra aux fraises lorsque l’on est prêt d’un mur ou dans un coin d’une pièce. On perd toute lecture du combat voir aussi complètement son combo par un manque total de visibilité et surtout dans les coins confinés comme le dojo d’Hebijo.

Côté DLC, Marvelous, comme à son habitude, fournit très bien ses titres avec ici deux nouveaux personnages Yumi et Miyabi associés aux scénarios respectifs des écoles de Gessen et Shin Hebijo. Ces écoles apparaissent pour la première fois dans l’épisode Shinovi Versus sur la PS Vita, raison de plus pour s’intéresser à l’histoire puisse les évènements relatés dans ce DLC se passent avant la confrontation de ces quatre écoles dans ledit épisode. Parmi tous les petits plus mis à disposition pour habiller vos héroïnes, Marvelous alimentera régulièrement le store avec huit autres personnages jouables, de quoi s’occuper pendant nos longues soirées d’hiver.

 

     

En Conclusion

Senran Kagura Burst Re:Newal reste un remake moyen avec malheureusement une grande partie des défauts de la version 3DS. Un défaut de caméra rendant l’expérience de jeu très lourde parfois est rattrapé par un gameplay simple et efficace malgré qu’il soit les prémices de ce que l’on connaîtra avec le Shinovi versus et plus tard le Estival versus, qui reste le summum en terme de jouabilité jusqu’à l’arrivé du futur 7Even qui sera, je l’espère, bien meilleur. Malgré une timide refonte 3D obsolète, Senran Kagura Burst Re:Newal reste un titre intéressant pour tout fan qui souhaite comprendre l’origine de la saga et les ambitions et enjeux de chaque héroïne, surtout, et je ne l’ai pas mentionné dans le test, tout est traduit en français, même les DLC s’il vous plait ! C’est un effort de la part de Marvelous, non négligeable pour un jeu japonais de base.

Les +

C’est en bon français

C’est nerveux et fun

C’est plein de trucs sympas

C’est toujours un plaisir de retrouver la plume de Nan Yaegashi

C’est instructif de connaitre les origines

Les –

C’est graphiquement loin de ce que fait la PS4

C’est beaucoup de lecture pour une console de salon

C’est une caméra aux fraises

Test réalisé sur la version PS4 par DAGETA