TEST : RESIDENT EVIL 2 REMAKE

Date de Sortie : 25/01/2019

Disponible sur : PC, PS4 et XBOX ONE 

Une histoire de S.T.A.R.S.


Depuis l’annonce de son développement par
Capcom en 2015 et surtout après les images dévoilées lors de l’E3 2018, la « HYPE » sur ce titre n’a cessé de grandir chez les fans de la saga. Personnellement en bon fan de jeux avec des morts vivants, l’arrivée d’un Resident Evil était plutôt une bonne nouvelle même s’il est vrai que c’était du déjà vu. Pourtant, cela ne m’a pas empêché d’avoir une certaine appréhension lorsque j’ai installé les 21 Go de la galette sur ma Xbox One X ainsi que téléchargé le patch Day One qui était proposé. Pourquoi ? Tout simplement parce que certains gros titres sortis récemment m’ont énormément déçus et je ne voulais pas que cela arrive avec ce Remake que j’attendais avec impatience. Je précise en passant que je n’avais volontairement pas fait la démo limitée à 30 minutes, ni regardé de vidéos dessus afin de pouvoir le découvrir entièrement et me forger mon propre avis sans me laisser influencer, même inconsciemment, par celui d’un autre joueur ou d’un énorme fan du jeu original.

Démarrons avec un petit rappel de l’histoire au cas où vous n’auriez pas fait le premier épisode, car après tout une piqûre de rappel ne fait jamais de mal. En 1998, la division des forces spéciales S.T.A.R.S. (Special Tactics And Rescue Service) envoie son équipe Bravo dans les collines d’Arklay toutes proches de Raccoon City suite à d’étranges événements, des disparitions ainsi que la découverte de corps mutilés. Peu de temps après, tout contact avec celle-ci est rompu et l’équipe Alpha est alors envoyée en renfort afin de découvrir ce qu’il se passe. Très rapidement ils découvrent les traces de l’équipe Bravo mais ils se font attaquer par d’étranges créatures qui les poussent à se réfugier dans une grande bâtisse : le Manoir Spencer. Ce manoir sera d’ailleurs l’endroit où l’aventure va se dérouler mais je n’en dirai pas plus car le « spoil » c’est mal, très mal et je vous conseille de faire le jeu notamment sur les Remasters sortis entre temps.

Un peu plus de deux mois après la fin des événements du manoir Spencer, Léon S. Kennedy, une jeune recrue de police doit se rendre à Raccoon City pour y prendre ses fonctions. Durant le trajet, il fait connaissance avec Claire Redfield qui elle recherche son frère Chris, le tout entouré de morts vivants en putréfaction car le virus responsable des événements du manoir s’est propagé dans tout Raccoon City. Une fois l’introduction en 3D pré-calculée terminée, on démarrait alors le jeu soit avec Léon soit avec Claire et en fonction de ce choix, la première partie du jeu était quasi identique à quelques petits détails près notamment au niveau des armes que l’on avait à sa disposition et ce n’est que plus tard dans le scénario que chacun avait droit à son propre cheminement et sa propre fin !

L’art de faire du neuf avec du vieux

Premier constat lors de l’introduction du Remake avec une cinématique de toute beauté et faite avec le moteur du jeu me semble-il : c’est beau et même trèèèès beau ! Les modélisations, textures et effets de lumière sont vraiment dignes des très bonnes productions modernes et ça, ça fait vraiment plaisir ! Deuxième constat assez flagrant pour ceux qui ont fait le jeu original, la mise en scène de cette introduction a légèrement été modifiée pour ce Remake. En effet dans la version originale on découvrait Léon en plein Raccoon city et il y rencontrait Claire Redfield près d’un restaurant, le tout avec des zombies un peu partout en ville. Pendant ce temps un routier, lui, se faisait mordre dans une station service avant de reprendre la route. Dans ce Remake, les développeurs se sont permis de modifier légèrement ces événements pour finalement arriver au même point de départ et je dois dire que c’est très bien comme ça, cela donnait déjà un petit vent de fraîcheur.

Dès les premiers pas dans l’aventure, on découvre que les modifications apportées aux contrôles du personnage ont également bien évolués puisque l’on est sur une jouabilité proche de ce qui se faisait sur Resident Evil 5 et 6 qui étaient très orientés action. Et croyez moi vu que le jeu n’est plus en décors fixes pré-calculés mais plutôt en vraie 3D avec un gameplay façon TPS, cela était nécessaire. Personnellement j’ai trouvé les commandes bien adaptées et même assez agréables surtout dans des phases stressantes et plus rapides comme un combat contre un Lickers ou encore lorsque Mister X (aussi appelé le Tyran modèle 103) va vous poursuivre sans relâche.

Beau comme un camion

Au niveau esthétique, les personnages, le commissariat ainsi que les autres environnements visités dans l’aventure ont vraiment fait l’objet d’un très bon travail de modélisation avec des jeux de lumière ou de pluie juste magnifiques. Les habitués qui ont torché le jeu ces 20 dernières années sur PS1, N64, Gamecube ou Dreamcast ne seront pas perdus ni déçus. Vous aurez droit à des lieux éclairés, d’autres un peu moins et certains totalement sombres (qui sont d’ailleurs mes préférés) car la seule source de lumière proviendra de votre lampe torche et à chaque coin ou bruit étrange vous aurez la crainte qu’un zombie vous saute à la tronche quand ça ne sera pas un Lickers suspendu au plafond ou Mister X dont les pas très lourds vont vous donner une bonne dose de stress. Je dois avouer que ces passages que j’ai trouvé excellents m’ont d’ailleurs fait sursauter plusieurs fois. En plus, grâce à la puissance de nos machines actuelles les zombies ont gagné en réalisme et les scènes où ils vous mordent ou vous agressent pourront être très gores, ce qui renforcera le côté sombre et horreur du jeu.

Vivre ou survivre

Le côté survie n’est pas en reste non plus avec des munitions qui ne se trouveront pas à tous les coins de rue et pour corser le tout, les zombies sont très très coriaces car pour les abattre vous aurez parfois besoin de 3 ou 4 balles bien logées dans la tête et ce, même en mode facile. Je vous laisse deviner pour les bestioles plus coriaces que le zombie de base, vous verrez que ça part très vite. Heureusement plus vous avancerez plus vous aurez l’opportunité de débloquer d’autres armes plus puissantes (fusil à pompe, lance flamme,…) ainsi que des améliorations pour celles-ci ou encore avoir la possibilité de fabriquer vous même vos munitions avec différentes poudres à combiner. En plus il ne sera pas rare que ceux-ci se relèvent encore pour essayer de vous dévorer ce qui vous mettra une pression de tous les instants. Votre inventaire sera comme dans la version originale c’est à dire très petit au début (8 éléments, armes et munitions incluses) mais vous pourrez l’agrandir en trouvant des sacoches ce qui, croyez moi, ne sera pas du luxe même si vous avez toujours la possibilité de stocker le surplus dans des coffres qui, comme par magie, communiquent toujours ensemble. Pour le système de sauvegarde, qui à l’époque se faisait via des rubans encreurs qu’il fallait trouver et des machines à écrire, ici ça sera pareil sauf qu’en fonction du niveau de difficulté sélectionné vous aurez un système légèrement différent comme par exemple en mode facile vous pourrez sauver autant de fois que vous le désirez sans ruban encreur là ou dans un mode plus difficile vous devrez en avoir et comme d’habitude ils seront en quantité limitée.

Des heures de jeu en zombie Atmos ?

Ajoutez à cela une ambiance sonore très convaincante voir excellente surtout si vous avez un bon système 5.1, 7.1 ou un bon casque prenant en charge la spatialisation du son voir une licence Dolby Atmos, en tout cas sur PC ou XBOX One X, et vous obtiendrez un jeu passionnant.

Niveau durée de vie on reste plus ou moins sur ce qui existait dans la version originale, c’est à-dire que les meilleurs d’entre vous qui connaissent bien le jeu termineront une campagne en +/- 4 à 5h là où un joueur qui va prendre son temps ou qui est novice dans le genre mettra aisément 7-8h voir un peu plus pour finir une campagne. En tenant compte qu’il y a une campagne pour Léon, une pour Claire ainsi qu’une campagne BIS dans laquelle il y aura des changements dans le scénario et ce pour chaque personnage, on peut dire que la durée de vie est vraiment plus que correcte. Moi personnellement je l’ai savouré à mon aise et la campagne de Léon a duré 7-8h et plus ou moins pareil pour celle de Claire mais sachez que je fais partie des joueurs qui détestent « rusher » les jeux et qui aiment fouiller dans tous les recoins.

Conclusion

Quand j’ai appris qu’un jeu d’il y a 20 ans et qui avait réussi à me captiver allait ressortir avec les technologies disponibles aujourd’hui j’ai été envahi par 2 sentiments :

-Le premier était une joie intense car cette série de jeu est une des rares qui a su me captiver années après années, sans jamais me lasser, en tout cas jusqu’au 5 inclus car je n’ai pas vraiment aimé le 6 et pour ce qui concerne le 7 j’ai trouvé que le jeu était très bon (surtout en VR où c’est une tuerie) mais pas vraiment un Resident Evil à mon goût.

-Le deuxième était une crainte car je me demandais si ce Remake n’allait pas être sacrifié au nom de la rentabilité et qu’on allait se retrouver avec un jeu développé à la va-vite pour empocher de l’argent sur le dos des nostalgiques.

Aujourd’hui j’ai enfin ma réponse, Capcom nous a livré une excellente version de son Resident Evil 2. Tout à été mis en œuvre pour conserver les bases de son succès même si tout n’est pas parfait, l’ambiance y est excellente et on y passe un très bon moment rempli de nostalgie. Les différents modes de difficultés le rendent accessible à un grand nombre de joueurs qu’ils soient novices ou confirmés. Le mode facile étant celui que je conseille fortement aux personnes qui n’y ont jamais joué car avec son système de sauvegarde sans limite c’est juste parfait. Au final j’ai pris un énorme plaisir à redécouvrir ce jeu avec un habillage moderne, une jouabilité plus adaptée et une réalisation de grande qualité. Bref si je dois conclure en un mot ça serait ENCORE.

Capcom si vous lisez ceci, faites nous un Resident Evil 3 Remake et pourquoi pas même un Resident Evil 0 et 1 Remake avec ce moteur, afin que les plus jeunes joueurs téméraires puissent découvrir ce qui nous faisait vibrer et trembler il y a 20 ans !

Les +

Une esthétique très réussie qui fait vraiment honneur au jeu

L’ambiance oppressante parfaitement retranscrite (sacré Mr X)

Une jouabilité modernisée qui convient bien à son nouveau style

L’ambiance sonore excellente surtout en Dolby Atmos

Un challenge intéressant même en mode facile

Les –

Les zombies sont résistants comme des Terminator T-800

Les énigmes Old School qui entraînent souvent des allers-retours

Test réalisé sur Xbox One X par KOYU GEEK