Shainiiigamer Test – Overcooked

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Overcooked

Overcooked est un petit jeu indé très fun, développé par Ghost Town Games et édité par Team17 Digital, sorti en 2016. Malgré la simplicité de son concept et son statut de « petit jeu indé », cette petite pépie disponible à 16 euros sur Steam (mais aussi sur  PlayStation 4, Xbox One et Nintendo Switch) pourrait bien vous faire oublier Mario Party et consorts !

Vous y incarnez des cuisiniers investis de la sacro-sainte mission de sauver le Royaume Oignon de « La Bête ». Après un tutoriel au cours duquel vous apprendrez à réaliser une petite salade, vous réalisez rapidement que vous n’êtes pas de taille à satisfaire l’appétit infini de ce monstre. Le Roi Oignon décide alors de vous renvoyer dans le passé afin d’affûter vos skills culinaires.

A noter que le jeu, pour une expérience optimale, se joue au moins à 2. Le soft autorise jusque 4 joueurs pour un chaos maximal et offre la possibilité de jouer « seul », mais vous contrôlerez alors deux cuisiniers en passant de l’un à l’autre n’importe quand via une simple pression de bouton. Toutefois, vous comprendrez à la lecture de ce test pourquoi tout l’intérêt du jeu est dans son aspect multijoueur.

Certains reconnaîtront que « La Bête » est en fait un monstre-spaghetti. Clin d’œil au pastafarisme ?

Simple et efficace…

Le concept d’Overcooked est très simple : servez les plats demandés dans les temps. Pas besoin de mémoriser un nombre incroyable de recettes compliquées, d’une subtilité digne d’un chef étoilé, puisque vous vous cantonnerez à faire de la soupe, des burgers, des burritos et des pizzas avec différentes garnitures.

Pour préparer ces plats, les actions seront souvent les mêmes également : prenez les ingrédients, coupez et cuisez ceux qui doivent l’être, servez le tout dans une assiette et envoyez ça ! Chaque commande réussie vous rapporte 20 points. Si vous êtes suffisamment rapide, vous gagnez des points bonus, mais si vous êtes trop lent et dépassez la limite de temps, vous en perdez 10. Chaque niveau a une limite de temps (entre 3 et 5 minutes), après quoi votre score total est comptabilisé.

Niveau gameplay, LE point fort d’Overcooked est sa facilité de prise en main. Comme décrit ci-dessus, les différentes actions que vous devrez faire ne sont pas légion, les recettes non plus. De ce fait, assimiler les contrôles du jeu est un véritable jeu d’enfant, puisque le nombre de boutons que vous devrez retenir est au nombre de… 3. De quoi rassurer vos amis moins gamer qui paniquent dès qu’ils ont une manette entre les mains et vous demandent tout en sueur « C’est quoi les touches ?!! » 10 fois par minute.

Pour les moins fortunés d’entre vous, il est même possible de « couper » une manette en deux : chaque joueur utilisera alors un stick directionnel et deux boutons pour contrôler son personnage ! C’est chaotique, mais ça fonctionne bien si vous manquez de matériel et la situation est assez cocasse.

Prendre/Poser en vert, Couper/Laver en bleu, et déplacer son personnage. Facile, non ?

… et si complexe à la fois

Mais voilà, le jeu n’est pas aussi simple que ça. Le principe de base et la prise en main sont effectivement rapides, les premiers niveaux sont faciles mais en cinq minutes, on comprend très vite qu’il vaut mieux se diviser les tâches et travailler à la chaîne plutôt que s’occuper individuellement d’une recette entière.

Voyez l’image ci-dessous à titre d’exemple.

Les ingrédients, les casseroles, les planches à découper, les assiettes et le plateau pour servir sont assez éloignés les uns des autres. En résulte une perte de temps considérable si chacun prépare « sa propre recette » et se déplace d’une station à l’autre, ce qui encourage le travail à la chaîne et la coopération entre les joueurs ! En effet, ces mêmes tables qui séparent la cuisine en deux et vous forcent à tout contourner peuvent être utilisées pour poser des ingrédients. On comprend vite qu’il vaut mieux qu’un joueur pose les ingrédients, qu’un autre les prenne et les coupe, qu’un troisième récupère les ingrédients coupés et les mette dans la casserole, et que le dernier serve les soupes. A tout le moins, qu’il est indispensable de s’attribuer des rôles et de s’y tenir pour éviter un chaos total !

Il n’est donc pas rare, lors d’une partie d’Overcooked entre amis, d’entendre des « Passe-moi des oignons, j’en ai plus ! », « J’ai dit un oignon, pas un champignon ! », « Grouille-toi, ça va brûler ! », « Les gars, j’ai plus d’assiette propre… », « Quelqu’un peut m’aider à couper ? » ou encore « Remets de la viande y’a rien qui cuit ! » à tout bout de champ. Les moins organisés diront aussi « mais bouge de là, t’es dans le chemin ! » assez fréquemment.

La guerre des étoiles

Chaque niveau (une trentaine en tout !) vous demande d’atteindre un certain score, qui varie en fonction du nombre de joueurs présents, pour obtenir une, deux ou trois étoiles (un peu à la manière d’un niveau d’Angry Birds) qui vous permettront de progresser dans l’histoire. De quoi pousser votre capacité à coopérer à son extrême limite ! Une équipe bien rodée et bien organisée fera toute la différence : être un pro de la manette ne vous apportera aucun avantage, par contre il va falloir vous mettre d’accord avec tout le monde et revoir votre stratégie de temps en temps !

En terme d’aspect visuel et sonore, Overcooked a un design qui cadre bien avec son concept : simple et efficace. Le design du jeu, sous Unity, n’est pas très recherché mais garde ce côté « mignon », un peu cartoonesque et humoristique bien assumé, plutôt que de rechercher un souci du détail et du réalisme inouïs.  Gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un petit jeu développé par un studio de deux personnes !

Les musiques, quant à elles, cadrent bien avec les différents niveaux, mais manquent légèrement de variété à mon goût. Après avoir réessayé pour la quatorzième fois le même niveau, il est possible que la musique du niveau en question commence à vous courir sur le haricot, mais il n’y a pas de quoi en faire tout un fromage.

A noter que le jeu n’est disponible qu’en Anglais, mais que ça n’empêche aucunement d’en profiter : l’histoire est réduite à son strict minimum également, et les nouvelles recettes sont illustrées au moment où vous les découvrez. Une traduction est donc très loin d’être indispensable. Vous l’aurez compris, la force d’Overcooked, c’est son gameplay et le fun en multijoueur.

Certains niveaux vous emmèneront même vers l’infini, et au-delà !

Cauchemar en cuisine

Ce qui permet à Overcooked de garder une grande diversité d’un niveau à l’autre malgré un gameplay en soi simple et répétitif, c’est la variété des cuisines et les challenges que celles-ci posent aux joueurs. Ainsi, dans certaines cuisines, une partie des différentes stations de travail (planche à découper, casserole, caisse d’ingrédients…) sera physiquement accessible à un seul joueur à la fois. Dans d’autres, les espaces de travail ou les différentes stations se déplacent. Dans d’autres encore, un gouffre sépare les deux joueurs et ne peut être traversé que périodiquement. Certains niveaux impliquent de la glace et une eau gelée dans laquelle vous pouvez tomber, ou des flammes infernales qui mettent votre personnage hors service pendant 5 précieuses secondes si vous avez le malheur de les toucher.

 

Ces différentes embûches demanderont donc à votre équipe de faire preuve d’imagination et d’une bonne capacité d’adaptation si vous souhaitez atteindre le score requis pour avoir 3 étoiles ! On notera que dans certaines cuisines plus petites, il arrive de s’y perdre un peu et d’égarer son personnage si on a le malheur d’avoir deux chefs qui se ressemblent un peu trop.

Conclusion

Je tire mon chapeau à l’équipe qui a développé Overcooked pour avoir réussi à combiner deux aspects qui semblent difficiles à regrouper dans un même jeu : la simplicité/facilité d’accès pour tous, et une difficulté à s’arracher les cheveux par moment ! L’accessibilité et les nuances complexes d’Overcooked en font un excellent party game au concept original, qui s’adresse à tous les âges et tous les types de joueurs : familles, amis, petit(e) ami(e)… On peut toutefois déplorer l’absence de mode en ligne, regrettable pour un jeu résolument coopératif.

Si la campagne vous prendra 15 heures à terminer, vous comprendrez vite que ces 15 heures n’épuisent pas le potentiel du jeu : l’aventure peut être répétée quasi à l’infini avec d’autres personnes, l’expérience de jeu étant différente en fonction du nombre, de l’aptitude à coopérer et de la stratégie de ceux avec qui vous jouerez ! Alors vous aussi, initiez vos amis aux joies du travail à la chaîne !

 

 

Test réalisé par Vesper pour Shainiiigaming

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